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Allocution lors de la première édition du sommet Canada–États-Unis sur le secteur manufacturier

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L'honorable Christian Paradis, C.P., député Ministre de l'Industrie

Notes d'allocution

Montréal (Québec)
Le 12 septembre 2011

La version prononcée fait foi

Bon après-midi.

Merci beaucoup, Monsieur Timmons et Monsieur Myers, de votre aimable présentation. Je remercie également les Manufacturiers et Exportateurs du Canada (MEC) et la National Association of Manufacturers des États-Unis de m'avoir invité à vous adresser la parole aujourd'hui.

Félicitations à vos deux associations d'avoir mis sur pied cet important congrès.

En tant que ministre canadien de l'Industrie, ce genre d'événement est très important pour moi. C'est ici que des dirigeants représentant une variété d'industries de nos deux grands pays se roulent les manches pour trouver des solutions à des enjeux communs.

Avant d'aller plus loin, je tiens à rappeler que nous avons tous été touchés, à différents degrés, par les événements tragiques du 11 septembre 2001, dont nous soulignions le 10e anniversaire hier. Mais, dans la foulée de ces attaques terribles et odieuses, nos deux pays se sont résolus à mener la lutte contre les personnes menaçant nos régimes démocratiques, nos économies intégrées et notre mode de vie. Les liens unissant nos pays n'en sont devenus que plus forts.

Mesdames et Messieurs, l'Amérique du Nord fait encore face à de grands défis. La récente récession et ses contrecoups ont mis notre secteur manufacturier à rude épreuve. Je suis toutefois convaincu que nous pourrons relever ces défis en faisant preuve de volonté, en agissant de manière concertée et en exerçant pleinement nos capacités d'invention et d'innovation.

Le monde a bien changé depuis 2008. Nous avons vécu une récession mondiale généralisée qui a affaibli nos deux économies et dont nous continuons de ressentir les effets.

L'économie mondiale demeure fragile.

Nos pays ont de sérieux défis structurels devant eux. Le secteur manufacturier du Canada et des États-Unis a dû supporter plus que sa juste part de ce fardeau.

Dans ce contexte, une question s'impose : quelle voie devrions-nous emprunter?

À mon avis, nous devons tirer profit du savoir-faire de nos entrepreneurs et de notre leadership en recherche-développement (R-D) pour devenir encore plus concurrentiels et pour assurer la commercialisation des innovations. Cela s'applique particulièrement aux entreprises manufacturières.

En effet, l'innovation sera le fondement même de notre réussite économique future, car alimente la productivité et la compétitivité, des domaines où nous avons des progrès à faire au Canada.

Les gouvernements peuvent stimuler l'innovation en offrant des mesures incitatives et en effectuant des investissements stratégiques. Au bout du compte, cependant, les entreprises comme celles représentées ici aujourd'hui doivent prendre un ferme engagement à faire la mise en marché de leurs innovations.

Que vous soyez du Canada ou des États-Unis, cette mise en marché des innovations est essentielle non seulement pour vos entreprises, mais pour l'avenir de l'économie nord-américaine.

On souligne souvent, et à juste titre, à quel point nos économies sont intégrées et à quel point les entreprises manufacturières des deux pays unissent leurs forces pour concevoir et fabriquer des produits destinés au marché mondial.

La relation entre le Canada et les États-Unis est fondée sur une amitié de longue date, qui est unique en son genre. Nous sommes beaucoup plus que de simples partenaires commerciaux.

Le président Ronald Reagan a éloquemment décrit cette relation en 1985, lors d'une visite au Québec : « Nous sommes plus que des amis, des voisins et des alliés : nous sommes une famille. Ensemble, nous avons bâti la relation la plus productive qui unisse deux pays aujourd'hui ».

Il suffit d'un regard sur les 20 années de l'Accord de libre-échange nord-américain pour conclure que nos deux pays profitent de cette étroite relation économique. Il s'agit d'un véritable avantage nord-américain. Je vous rappelle quelques points saillants de ce partenariat économique :

  • Plus de huit millions d'emplois aux États-Unis sont directement liés au commerce avec le Canada, et un grand nombre d'autres emplois en dépendent indirectement;
  • Le Canada est le plus important marché et partenaire commercial pour 34 États;
  • De 1993 à 2008, la production manufacturière a augmenté de 62 %, au Canada tout comme aux États-Unis.

Cela dit, il ne faut pas se fermer les yeux sur la situation actuelle.

Nos pays continuent de subir les effets de la récession mondiale. Toutefois, les gouvernements des deux pays ont réagi à la récession de manière rapide et décisive.

Le gouvernement du Canada n'a pas tardé à adopter le Plan d'action économique du Canada, un programme de relance de l'économie et de création d'emplois.

Nous avons éliminé les tarifs sur toutes les importations servant à la fabrication ainsi que sur les machines et le matériel pour inciter les entreprises à délier les cordons de la bourse et à faire des investissements dans ces domaines. Les statistiques publiées la semaine dernière indiquent que cette mesure a eu les résultats escomptés.

Nous avons aussi élargi les mesures de déduction pour amortissement accéléré dans le domaine de l'énergie propre. Et nous avons mis sur pied le nouveau programme Travail partagé pour aider les entreprises et les travailleurs à s'adapter à une diminution du niveau d'activité normale de certaines entreprises. Grâce à ce programme, les employés peuvent demeurer en poste et les employeurs n'ont pas à faire de mises à pied déchirantes.

Afin de créer des emplois, nous avons établi le Fonds de stimulation de l'infrastructure, qui est doté de 4 milliards de dollars pour financer des projets provinciaux, territoriaux et municipaux de réhabilitation de l'infrastructure prêts à être exécutés.

Mesdames et Messieurs, notre plan était celui qu'il fallait pour faire face à cette période difficile. La conjoncture mondiale demeure très incertaine.

C'est pourquoi notre gouvernement gardera le cap en continuant d'établir les conditions propices à la réussite des entreprises et des personnes.

Nous mettrons toujours l'accent sur une croissance économique et une croissance de l'emploi durables et à long terme, guidés par la prochaine phase du Plan d'action économique du Canada.

Comme vous le savez, la croissance économique canadienne a fait une pause au deuxième trimestre, en grande partie à cause de facteurs externes — le tremblement de terre et le tsunami au Japon ont considérablement perturbé les chaînes d'approvisionnement de l'industrie de la fabrication.

Malgré tout, les indicateurs économiques intérieurs du Canada demeurent positifs dans l'ensemble. La main-d'œuvre active canadienne comprend près de 600 000 personnes de plus qu'elle en comptait à la fin de la récession en juillet 2009. Nous sommes d'ailleurs le seul pays du G-7 à avoir rattrapé complètement les pertes de production et d'emplois qui ont eu lieu au cours de la récession.

À l'avenir, nous devrons délaisser les nouvelles mesures de stimulation économique et agir plutôt de manière ciblée et prudente en fonction des besoins dans des domaines clés comme le commerce, la fiscalité, la réglementation, l'investissement en R-D et l'innovation.

Notre gouvernement a prouvé à maintes reprises son engagement à diminuer les taxes et impôts — en fait, nous avons déjà adopté des réductions de 60 milliards de dollars à ce chapitre. Nous avons notamment abaissé le taux fédéral d'imposition des sociétés, qui passera à 15 % en janvier 2012. Nous avons aussi éliminé la surtaxe des sociétés et l'impôt fédéral sur le capital. Nous avons haussé le seuil du revenu admissible au taux d'imposition des petites entreprises de 300 000 $ à 500 000 $ et nous avons diminué ce taux de 12 % à 11 %.

Notre gouvernement a également créé la Commission sur la réduction de la paperasse, dont le mandat est de cibler et d'éliminer les tracasseries administratives qui nuisent aux entreprises.

Mon collègue Ed Fast, le ministre canadien du Commerce international, s'adressera à vous plus tard aujourd'hui. Il vous dira notamment qu'il est impératif de diminuer les obstacles à la circulation du commerce, des investissements et des gens entre nos deux pays.

Nous sommes fiers des mesures que nous avons déjà prises pour faciliter la libre circulation transfrontalière.

Fait à noter, le premier ministre Harper et le président Obama ont annoncé en février que le Canada et les États-Unis harmoniseraient leurs exigences réglementaires et de sécurité afin d'accélérer le commerce et les déplacements entre les deux pays. Par ailleurs, le premier ministre Harper s'est engagé la semaine dernière à adopter les mesures nécessaires pour optimiser l'accès des entreprises canadiennes au marché américain et la sécurité des activités commerciales. Vous trouverez plus tard à l'horaire du congrès une présentation de mon sous-ministre délégué principal, Simon Kennedy, au sujet du Groupe de travail par-delà la frontière.

Le gouvernement du Canada s'emploie également à négocier des accords commerciaux avec plusieurs pays. Ces ententes ouvriront les portes de nouveaux marchés aux entreprises canadiennes et aux membres de nos chaînes d'approvisionnement intégrées. À titre d'exemple, les accords que nous négocions présentement avec l'Union européenne et l'Inde nous donneront un accès considérablement accru aux nombreux consommateurs de ces marchés.

La R-D novatrice et la commercialisation des innovations seront tout à fait essentielles pour faire des percées sur ces marchés.

Nous ne ferons pas concurrence aux économies émergentes au chapitre des salaires des travailleurs ou de l'assemblage de produits à faible coût par des travailleurs peu qualifiés. Notre avantage concurrentiel se fondera plutôt sur une compétitivité accrue, sur la mise au point de produits et services ayant une plus forte valeur ajoutée, et sur l'exploitation de nouveaux créneaux bien ciblés.

À ce sujet, je suis heureux que mes représentants collaborent avec les MEC pour assurer le dialogue avec les entreprises afin de mieux comprendre les stratégies de pointe adoptées par le secteur manufacturier. Il semble bien que plusieurs des entreprises canadiennes ici représentées sont en tête du peloton en ce qui concerne la réingénierie de leurs activités. Vous faites des investissements importants pour accroître votre productivité et votre compétitivité.

Vous n'êtes pas les seuls à comprendre l'importance de faire des investissements pour stimuler l'innovation. L'édition de septembre du magazine Policy Options publie les résultats d'un sondage que je trouve révélateur sur la perception des Canadiens au sujet de notre avenir économique. Selon le sondage, trois Canadiens sur quatre estiment que la prospérité future du Canada reposera sur la R-D novatrice. À cela, j'ajouterais que notre réussite dépendra de notre capacité d'assurer la commercialisation de ces innovations.

Nous comprenons bien la transition qui s'effectue vers une économie axée sur l'innovation, et nous appuyons cette transition depuis notre arrivée au pouvoir. En 2007, le premier ministre Harper a lancé la stratégie des sciences et de la technologie (S et T) du Canada, qui constitue le plan du gouvernement pour augmenter les investissements en S et T et qui guide nos initiatives dans ce domaine.

L'industrie de la fabrication est l'un des grands axes de cette stratégie. Nous avons fait un effort marqué pour allier la ferveur compétitive de nos entrepreneurs au génie créateur de nos scientifiques.

Le budget de 2011 prévoit, à lui tout seul, de nouveaux investissements de plus de 700 millions de dollars en S et T. Cette somme s'ajoute aux quelque 6,3 milliards de dollars en fonds à l'appui des S et T consentis au cours des deux premières années de mise en œuvre du Plan d'action économique.

Toutefois, comme je l'ai dit il y a quelques minutes, le secteur privé doit prendre les devants.  

Nous connaissons la performance du Canada en ce qui concerne la R-D au sein des entreprises, l'innovation et la productivité. Nous avons un retard important sur d'autres pays comparables au niveau de la R-D menée par les entreprises. Il s'agit d'un problème majeur.

C'est pour cette raison que notre gouvernement a commandé un examen approfondi de tous les programmes fédéraux de soutien à la R-D dans le but de mieux appuyer l'innovation et d'offrir de meilleures occasions d'affaires aux entreprises. En octobre dernier, nous avons annoncé la constitution d'un groupe d'experts indépendant chargé d'examiner les investissements fédéraux en R-D. Le groupe d'experts a mené ses propres recherches et a recueilli de l'information approfondie en consultant le secteur privé, d'éminents universitaires, les provinces et les territoires, ainsi que des spécialistes en la matière.

Le groupe d'experts devrait remettre son rapport au gouvernement d'ici quelques semaines. Nous sommes impatients de prendre connaissance de ses recommandations.

Toujours dans la même veine, je souhaite vous faire part d'une statistique que je trouve révélatrice au sujet du rôle de l'innovation dans l'économie canadienne. Les entreprises du secteur des technologies de l'information et des communications (TIC) représentent environ 5 % de notre produit intérieur brut (PIB), mais elles alimentent la compétitivité des entreprises qui constituent l'autre 95 % du PIB.

En d'autres mots, les TIC seront l'un des principaux moteurs de la croissance économique et de l'innovation au XXIe siècle.

L'adoption de ces technologies par les citoyens, les entreprises et l'ensemble des acteurs économiques a d'importantes retombées : la productivité augmente; l'innovation progresse plus rapidement; et de nouveaux produits, procédés et modèles d'affaires sont mis au point.

Les technologies modifient profondément la manière dont se déroulent les affaires, qu'il s'agisse d'une entreprise de camionnage investissant dans de nouvelles technologies pour automatiser la gestion des commandes et assurer un suivi en temps réel ou d'une entreprise manufacturière installant des capteurs de surveillance pour que ses machines fabriquent des produits plus sécuritaires.

Les technologies numériques aident les entreprises à étendre leur portée et à s'implanter dans de nouveaux marchés, tout en tissant des liens entre les gens et les idées de manières qui auraient été impensables il y a quelques années à peine.

C'est pourquoi notre gouvernement élabore une stratégie sur l'économie numérique qui orientera l'approche que nous adopterons à cet égard au cours des années à venir.

Mesdames et Messieurs, permettez-moi de conclure mon propos en disant que, lorsque notre gouvernement a été réélu avec un solide mandat, la population canadienne lui a fait savoir qu'il menait le pays dans la bonne direction.

Elle nous a dit que nous avions choisi la bonne approche en mettant en œuvre nos politiques axées sur le maintien de la stabilité, en faisant des investissements ciblés et en adoptant des lois pertinentes dans des secteurs stratégiques de notre économie.

Nous avons investi dans la création des conditions propices à la croissance future, tout en cherchant aujourd'hui à abattre les obstacles à la croissance.

Au cours des prochaines années, le secteur nord-américain de la fabrication continuera de s'adapter à ces nouvelles réalités. Je peux vous assurer que notre gouvernement travaillera de près avec vous pour établir les conditions propices à votre réussite.

Je serai enchanté de travailler avec vous pour obtenir des résultats — pour le Canada et pour l'Amérique du Nord.

Merci.


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Date de modification :
2011-09-12