La mauvaise santé chez les Autochtones : une question d'effritement culturel et de pauvreté
Des chercheurs canadiens et australiens étudient les causes sous-jacentes des disparités sur le plan de la santé
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2009-23
Edmonton, Alberta (3 juillet 2009) - Les problèmes de santé des peuples autochtones partout dans le monde sont étroitement liés à plusieurs facteurs particuliers, tels que la colonisation, la mondialisation, la migration et la perte sur les plans territorial, linguistique et culturel. Ces facteurs persistent même quand sont abordés les problèmes sociaux propres à la pauvreté, tels que le logement médiocre, le chômage et le faible niveau de scolarité, selon le Dr. Malcolm King, auteur principal d'un important article qui paraîtra demain dans The Lancet, prestigieuse revue médicale britannique.
Chercheur à l'Université de l'Alberta et actuel directeur scientifique de l'Institut de la santé des Autochtones des Instituts de recherche en santé du Canada, le Dr. King a écrit, avec ses coauteurs, la Dre Alexandra Smith (de l'Université de Toronto) et le Dr. Michael Gracey (de la Unity of First People of Australia, à Perth, en Australie), l'article susmentionné en vue d'éclairer les professionnels de la santé et les responsables des politiques sur le contexte social et les besoins propres à la culture des Autochtones.
Puisant dans la nomenclature grandissante des travaux de recherche réalisés avec la coopération des peuples autochtones à l'échelle du Canada, le Dr. King met en relief un cadre de référence selon lequel le bien-être comporte une notion d'équilibre entre la personne, sa famille, sa communauté et son milieu.
« Pour les Autochtones, le bien-être est plus vaste que la santé physique ou l'absence de maladie, c'est « vivre bien » ou « mno bmaadis », comme on le dit dans la langue anishinabe », explique le Dr. King. « Les quatre volets de la vie - physique, affectif, mental et spirituel - sont par tradition représentés dans les quatre directions de la roue de médecine, et les méthodes de guérison traditionnelles incluent souvent l'ensemble de la communauté, purifiant le milieu environnant d'une personne et de son corps. »
« C'est pourquoi les facteurs comme le maintien des langues autochtones, les pratiques culturelles, l'autodétermination et le respect pour les aînés sont si importants », poursuit le Dr. King. « Et c'est aussi pourquoi nous avons tant à faire pour réparer les torts causés par l'adoption, dans le passé, de nombreuses pratiques perturbatrices et assimilationnistes, telles que la séparation des familles par l'envoi des enfants dans des pensionnats ou l'abandon forcé de pratiques culturelles contraires aux idées européennes ».
Le Dr. King estime que les programmes conçus pour aborder ces questions doivent être vus comme des interventions cliniques complexes, où des chercheurs en santé, des spécialistes des sciences sociales et des cliniciens travaillent de concert avec les peuples autochtones à cerner les besoins les plus urgents et les solutions les plus appropriées et les plus viables.
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David Coulombe,
Spécialiste des médias des IRSC,
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