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Club économique du Canada

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Notes d'allocution

L'honorable Gary Goodyear, C.P., député
Ministre d'État (Science et technologie)

Le 6 mars 2012

Ottawa (Ontario)

La version prononcée fait foi

Mesdames, Messieurs, bonjour.

Je vous remercie de votre accueil chaleureux. Je remercie aussi le Club économique du Canada non seulement de m'avoir généreusement invité à me joindre à vous aujourd'hui, mais de son apport exceptionnel au discours public au Canada.

Vous savez, dans un monde de tweets, de textos et de clips audio et vidéo, il y a de moins en moins de tribunes où les idées peuvent être abordées convenablement et où les options en matière de politiques publiques peuvent être approfondies. Le Club économique du Canada est l'une de ces tribunes. J'applaudis donc à vos efforts et je vous remercie de me recevoir.

Je suis heureux d'être ici pour discuter de mon portefeuille de ministre d'État aux Sciences et à la Technologie.

Je n'ai pas besoin de vous rappeler l'importance des sciences, de la technologie et de l'innovation pour notre vie quotidienne et la prospérité future de notre pays.

Je veux vous parler aujourd'hui de la façon dont les sciences et la technologie influent sur la prospérité et de ce qui est possible si nous faisons œuvre commune pour prendre les bonnes mesures.

Microsoft, Research in Motion, Apple, Intel, Google et Facebook ont transformé notre société. Leurs technologies, parmi bien d'autres, ont eu une vaste incidence sur l'économie.

Comment peut-on créer le prochain RIM ou Apple? D'où le prochain Bill Gates, Jim Balsillie, Mike Lazaridis ou Steve Jobs viendra-t-il? Comment pouvons-nous faire en sorte qu'il vienne du Canada?

Telles sont les questions sur lesquelles notre gouvernement se penche. Aujourd'hui, je veux vous faire part de notre stratégie, des mesures que nous avons déjà prises et des défis que nous avons encore à relever.

La récession mondiale nous a touchés de plein fouet, mais nous avons réagi avec le Plan d'action économique du Canada. Nous avons effectué des investissements historiques dans l'infrastructure. Nous avons encouragé les entreprises à investir et nous les avons aidées à éviter de devoir licencier du personnel. Nous avons consacré des fonds importants à la formation professionnelle. Nous venons en aide aux travailleurs qui ont perdu leur emploi.

Et maintenant, tandis que de nombreux autres pays du monde ressentent encore les effets ravageurs de la récession, nous sommes dans une situation enviable grâce aux mesures correctrices que nous avons prises et à notre leadership économique.

Mesdames et Messieurs, je peux vous dire que j'en suis extrêmement fier.

Je suis fier de dire que depuis le lancement du Plan d'action économique, le Canada a récupéré toute la production et tous les emplois perdus pendant la récession, et même plus encore.

Les Canadiens ont confié à notre gouvernement un mandat clair de mettre en œuvre notre plan axé sur des impôts de bas niveau et destiné à créer des emplois et à stimuler la croissance économique. Ce plan produit des résultats.

Aujourd'hui, 610 000 Canadiens de plus qu'à la fin de la récession sont au travail, ce qui fait que notre taux d'emploi est de loin le plus vigoureux du G-7.

Fait important, neuf emplois sur dix créés depuis juillet 2009 sont des emplois à temps plein. Et la grande majorité d'entre eux sont dans des industries où les salaires sont élevés.

Il n'est pas surprenant que la performance du Canada ait produit une forte impression sur le reste du monde.

Par exemple, le FMI et l'OCDE prévoient tous deux que le Canada bénéficiera cette année et l'an prochain d'un des meilleurs taux de croissance économique dans le G-7. Pour une quatrième année consécutive, le Forum économique mondial a déclaré que le système bancaire du Canada est le plus solide au monde. Trois agences d'évaluation du crédit — Moody's, Fitch et Standard and Poor — ont réaffirmé la cote supérieure du Canada.

Et récemment, le magazine Forbes a classé le Canada comme pays par excellence où faire des affaires.

Il s'agit là d'éloges bien mérités. Notre gouvernement continuera sur cette voie en adoptant une démarche équilibrée qui comprend un plan d'impôts de bas niveau, le remboursement graduel de la dette, l'allègement des formalités administratives, la promotion du libre-échange et l'encouragement à l'innovation.

Nous savons qu'il est essentiel à notre compétitivité économique à long terme de soutenir les entreprises qui innovent et qui créent des emplois. Notre gouvernement a investi dans les sciences et la technologie non seulement pour créer des emplois et favoriser la croissance au pays, mais aussi pour encourager l'ingéniosité au profit de notre pays et du monde entier.

Les problèmes auxquels nous sommes confrontés ne nous sont pas exclusifs. Nous pouvons vendre nos solutions au reste du monde, car le monde a connu bien des difficultés ces dernières années.

Le soutien aux sciences et à la technologie est une priorité fondamentale pour nous depuis 2006. C'est dans cette optique que nous avons présenté la stratégie des sciences et de la technologie (S et T) en 2007.

La stratégie des S et T est fondée sur le principe que l'innovation découle de la collaboration et de la commercialisation d'idées issues des ateliers de fabrication ou des laboratoires universitaires. Notre stratégie — et nos importants investissements — favorise les partenariats entre le secteur privé, le milieu universitaire et le gouvernement.

Ces partenariats transforment les idées prometteuses en produits, processus et applications d'avant-garde qui créent des emplois et stimulent la croissance économique.

Les dépenses fédérales en S et T ont atteint 11,7 milliards de dollars en 2010-2011. Nous avons maintenu cet engagement dans chaque plan d'action économique qui a suivi. Ces investissements font la différence.

Cela étant dit, nous savons tous qu'il reste beaucoup à faire. Nous avons encore des défis à relever et il y a des domaines où nous devons faire mieux.

Dans l'ensemble, les difficultés peuvent être surmontées si les secteurs public et privé souscrivent pleinement aux sciences, à la technologie et à l'innovation.

Quant à nous, nous continuerons de consentir les investissements nécessaires aux sciences et à la technologie afin de soutenir une économie moderne et compétitive.

Comme je l'ai dit plus tôt, les sciences et la technologie sont essentielles à la compétitivité du Canada à l'échelle mondiale et à sa prospérité dans la nouvelle économie.

Le premier ministre l'a bien résumé : les sciences sont le moteur de l'activité commerciale.

Voilà pourquoi notre gouvernement a récemment effectué de nouveaux investissements à l'appui de travaux de recherche de pointe, de collaborations internationales et de la création de centres de recherche de calibre mondial au Canada.

Voilà aussi pourquoi nous avons accru l'appui financier accordé aux chercheurs qui repoussent les frontières des connaissances ainsi qu'aux étudiants des cycles supérieurs qui réalisent les percées de demain.

Facebook a été lancé par un étudiant universitaire qui y voyait une meilleure façon de créer des liens entre pairs grâce aux sciences et à la technologie. Les universités sont des communautés où les idées prennent forme et les problèmes trouvent des solutions.

Pour soutenir les universités et faire en sorte que le Canada dispose des plus brillants esprits, nous avons créé de nouvelles bourses, comme les bourses d'études supérieures du Canada Vanier et les bourses postdoctorales Banting.

Nous finançons aussi le Programme des chaires de recherche du Canada en versant 300 millions de dollars par année, afin de soutenir 2000 chercheurs d'établissements postsecondaires partout au pays.

Mais malgré ces investissements et de nombreux autres, nous faisons toujours face à des défis.

Notre secteur privé accuse encore un retard dans le domaine de la recherche-développement (R-D). En fait, un rapport du Conseil des sciences, de la technologie et de l'innovation a estimé que ce retard limite nos résultats globaux en matière d'innovation.

En somme, lorsque les entreprises n'investissent pas dans la R-D, elles peuvent difficilement préserver leur compétitivité.

Elles ont plus de difficulté à assurer leur croissance future, ce qui signifie qu'il est plus difficile pour l'économie de créer de nouveaux emplois. Cela se traduit par un niveau de vie moins élevé pour les Canadiens.

Notre gouvernement attache une telle importance à ce problème qu'il a chargé un groupe d'experts indépendants d'examiner l'efficacité et l'équilibre de notre appui à la R-D des entreprises.

Ce groupe était dirigé par Tom Jenkins, de la société Open Text. Nous avons reçu son rapport en octobre dernier. Même si nous n'adoptons pas toutes ses recommandations, nous sommes d'accord avec ce qu'il perçoit comme étant les principaux problèmes :

  • Nos programmes sont trop disséminés dans un trop grand nombre de ministères, de sorte que les entreprises ont de la difficulté à trouver le programme qui leur convient.
  • Notre crédit d'impôt pour la recherche scientifique et le développement expérimental est trop complexe, trop imprévisible quant au type de recherche admissible et trop coûteux pour les demandeurs.
  • Nous ne maximisons pas les acquisitions axées sur l'innovation de la même façon que d'autres pays le font avec succès.
  • Nous ne disposons pas d'une organisation de R-D suffisamment consacrée à aider les entreprises à entreprendre des projets de R-D.
  • Il y a un manque d'accès au financement au début et à la fin des projets.
  • Nous n'avons pas le leadership requis au Canada pour superviser la mise en œuvre d'une vaste stratégie d'innovation au sein des entreprises.

Et encore une fois, même si nous ne ferons pas nécessairement suite à toutes les recommandations du groupe, nous sommes d'accord avec son diagnostic général, et nous prendrons des mesures pour pallier ces problèmes.

Nous agirons rapidement, parce que nous tenons à transformer les idées et les innovations en nouveaux produits commercialisables, compétitifs et utiles qui favorisent la création d'emplois, la croissance et la prospérité.

Par exemple, le Conseil national de recherches Canada (CNRC) est une éminente institution canadienne. Créé en 1916, il a une longue histoire de réalisations exceptionnelles : un lauréat du prix Nobel — Gerhard Herzberg, la mise au point du stimulateur cardiaque, de la brique réfractaire, d'appareils auditifs, du vaccin contre la méningite et de la technologie CANDU.

Il a aussi mis sur pied le Programme des astronautes canadiens qui a mené à la création de l'Agence spatiale canadienne. Il est responsable du Programme d'aide à la recherche industrielle, et il est le parent du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada.

À l'approche du centenaire du CNRC, toutefois, des faiblesses sont devenues évidentes dans son modèle de fonctionnement.

Le mandat du CNRC a été élargi au fil des ans et ses ressources ont été dispersées. Son mandat s'est dilué et l'organisme a été engagé dans des directions nombreuses et parfois incohérentes.

Certains considèrent le CNRC comme une vague fédération d'instituts, un ensemble d'installations réparties à la grandeur du Canada poursuivant chacune ses propres recherches et servant ses propres clients — au lieu de travailler ensemble, comme une équipe intégrée et performante, à des initiatives décisives et davantage axées sur la clientèle.

Il y a presque deux ans, notre gouvernement a nommé John McDougall président du CNRC, et l'a chargé de réorienter l'organisation en misant sur sa vaste expérience, ses connaissances et sa perspective professionnelle.

Depuis lors, notre gouvernement a pris des mesures pour aider à recentrer le CNRC sur les domaines auxquels il peut le plus efficacement contribuer. Il s'agit de faire en sorte d'améliorer sensiblement le rendement du Canada en matière d'innovation, de réaffirmer la réputation du CNRC et de le doter d'un modèle d'entreprise stable pour l'avenir.

Le modèle en cours d'élaboration sera fondé sur des approches éprouvées qu'ont adoptées des champions mondiaux de l'innovation, et sera soigneusement adapté à la réalité canadienne.

Il sera fondé sur une expérience pratique acquise auprès d'entreprises multinationales, de petites et moyennes entreprises, d'organismes gouvernementaux et d'établissements d'enseignement.

Nous nous efforçons de faire du CNRC une organisation de calibre mondial qui, par l'entremise des sciences, de la technologie et de l'innovation, crée plus efficacement des emplois et de la croissance au profit du Canada. Je crois que c'est là un moyen sûr de soutenir et de développer l'économie du Canada, et d'assurer la prospérité future de tous les Canadiens.

Mesdames et Messieurs, les idées et les innovations circulent. Il nous faut contribuer à les concrétiser.

Nous avons des établissements postsecondaires de renommée mondiale ainsi que des penseurs et des chercheurs de pointe. Le prochain Steve Jobs, Mike Lazaridis, Mark Zuckerberg ou Jim Balsillie fréquente probablement déjà un campus à Vancouver, Winnipeg, Kitchener, Québec ou Halifax. Nous devons nous assurer qu'il ou elle dispose des outils et de la motivation qui lui permettront de prospérer ici au Canada.

Nous avons l'expertise en affaires et le leadership requis pour permettre aux idées d'atteindre le prochain niveau. Nous avons les personnes dotées des compétences, du dynamisme et de la volonté nécessaires pour prospérer et croître maintenant et à l'avenir. Nous avons ce qu'il faut pour nous munir d'un avantage concurrentiel dans l'économie mondiale et ainsi créer des emplois, de la croissance et de la prospérité. Nous devons simplement être ambitieux! Et nous le serons. Nous réussirons à commercialiser l'imagination!

Merci.

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