Communiqué de presse Article provenant de  Conseil national de recherches du Canada

La recherche canadienne innove pour accentuer la relance de l'économie

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La recherche canadienne innove pour accentuer la relance de l'économie

Le 18 mars 2011 — Saskatoon, Saskatchewan

Le Canada tient sa promesse de venir en aide aux plus vulnérables de la planète grâce à de nouveaux développements qui procureront un traitement au paludisme peu coûteux, mais stable et fiable, et épargnera des millions de vie, particulièrement celles de femmes et d’enfants en Afrique. C’est ce que l’honorable Gary Goodyear, ministre d’État aux Sciences et à la Technologie, et le député de Saskatoon–Humboldt Brad Trost ont annoncé aujourd’hui en présentant cette percée et en soulignant le soutien que le gouvernement procure à la recherche.

« Notre gouvernement s’est engagé à améliorer la santé des femmes et des enfants dans les pays en voie de développement, a déclaré le ministre. Ces nouveaux développements dans la création d’un traitement pour le paludisme constituent une avancée majeure dans la lutte contre cette maladie. Ils renforciront la place du Canada comme chef de file mondial dans recherche mondiale en santé tout en fournissant une solution fiable et abordable. »

L’annonce faite aujourd’hui dérive du Projet artémisinine, un partenariat public-privé piloté par OneWorld Health en tandem avec sanofi-aventis, Amyris, l’Université de Californie à Berkeley et le Conseil national de recherches du Canada. L’artémisinine est un composé naturel présent dans une plante médicinale chinoise traditionnelle, principalement cultivée en Afrique et en Asie pour combattre le paludisme. Le gouvernement canadien a injecté environ 869 000 $ dans le projet, qui a abouti à une technologie avec laquelle on produira une quantité soutenue d’artémisinine à un coût abordable pour les pays en voie de développement et ce, sur une base sans but lucratif.

« La concertation qui a conduit à l’élaboration de cette nouvelle technologie aura un impact majeur sur l’approvisionnement de traitement du paludisme dans les pays en voie de développement, ce qui concourra considérablement aux efforts internationaux déployés pour vaincre cette maladie », a affirmé Richard Chin, chef de direction de OneWorld Health.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, le paludisme affecte approximativement 250 millions de personnes et en tue un million chaque année, dont 90 % en Afrique. Les plus vulnérables sont les femmes enceintes et les enfants. Cette maladie est endémique dans près de 100 pays, y compris 28 sur le continent africain. Le projet devrait permettre de soigner 200 millions de cas et prévenir au-delà d’un million de décès annuellement.

Document d'information

À propos des travaux du Conseil national de recherches du Canada sur l’artémisinine

En 2003, des scientifiques du Conseil national de recherches du Canada (CNRC) à Saskatoon entreprenaient d’identifier les gènes qui régulent la synthèse de l’artémisinine. Produite par Artemisia annua (une plante de l’herboristerie chinoise traditionnelle), cette substance naturelle est extraite de plantes cultivées en Afrique et en Asie pour soigner le paludisme – une menace sérieuse pour la santé des mères et des enfants du monde entier.

Pilotée par Patrick Covello, l’équipe du CNRC a établi quels gènes dans la voie métabolique de la plante codaient la synthèse de l’artémisinine. Recourant à diverses plateformes unicellulaires et végétales, comme des levures et le tabac, ils se sont efforcés de trouver d’autres moyens pour produire des antipaludéens à base d’artémisinine à bon marché.

Le gouvernement canadien a injecté environ 869 000 $ dans ces travaux. Mise au point avec le concours d’Amyris, de OneWorld Health et de sanofi-aventis, la technologie du CNRC promet d’avoir un impact majeur sur le traitement du paludisme dans l’ensemble du monde en développement.

Un effort de recherche commun

Le CNRC a travaillé en partenariat avec l’Artemisinin Project, que finance la Bill and Melinda Gates Foundation. Le projet est dirigé par OneWorld Health, avec la collaboration d’Amyris Biotechnologies, de l’Université de la Californie à Berkeley et de sanofi-aventis.

En 2004, l’Institute for OneWorld Health recevait 42,6 millions de dollars de la Bill and Melinda Gates Foundation afin de trouver une nouvelle source d’artémisinine qu’on pourrait ensuite distribuer dans les pays en développement. OneWorld Health s’est associée à des chercheurs de l’Université de la Californie à Berkeley qui recouraient à des levures pour synthétiser les composés naturels de grande valeur que produisent normalement les plantes supérieures et d’autres organismes. Ce travail a débouché sur la création d’Amyris, entreprise dérivée qui s’est jointe elle aussi au projet. L’Artemisinin Project devait identifier les gènes codant la production de l’artémisinine et créer des souches de levure capables de synthétiser en grande quantité l’acide artémisinique, un des principaux composés intermédiaires de l’artémisinine.

En 2008, le CNRC et Amyris signaient un accord de licence en vertu duquel l’entreprise obtenait le droit d’intégrer deux gènes clés de la voie métabolique de l’artémisinine découverts par les chercheurs du Conseil au système breveté par l’entreprise, ce qui a permis de doubler le rendement en produit final.

Consécutivement à ces percées scientifiques, en juillet 2010, OneWorld Health annonçait une subvention supplémentaire de 10,7 millions de dollars de la Bill and Melinda Gates Foundation pour accroître la production et commercialiser le médicament. À titre de partenaire, la multinationale pharmaceutique sanofi-aventis formulera l’antipaludéen, qui sera distribué gratuitement en Afrique et dans d’autres régions où sévit la maladie.

À propos du paludisme

Le paludisme est une maladie parasitaire parfois mortelle transmise par des moustiques. Ses symptômes incluent une fatigue extrême, de fortes poussées de fièvre, la sudation, des tremblements et l’anémie.

Le parasite du paludisme détruit les globules rouges dans le sang, d’où l’anémie. Sans traitement adéquat, les globules infectés bloquent les vaisseaux sanguins qui irriguent le cerveau ou endommagent d’autres organes vitaux, entraînant souvent la mort.

Les personnes infectées qui habitent dans les régions très endémiques développent une immunité à la maladie pour devenir des porteurs sains, ce qui favorise les épidémies.

Le paludisme, fléau mondial

Selon l’Organisation mondiale de la santé, le paludisme affecte environ 250 millions de personnes et en tue plus d’un million par année, dont 90 pour cent dans l’Afrique sub-saharienne. Cette maladie est endémique dans près de 100 pays, y compris 28 sur le continent africain.

Dans maints pays, le paludisme est la principale cause de décès des enfants de moins de cinq ans. Beaucoup d’enfants qui survivent à une crise grave de paludisme connaissent des troubles d’apprentissage ou souffrent de lésions cérébrales.

Les femmes enceintes et leur progéniture sont particulièrement vulnérables. Chaque année, au-delà de 45 millions de femmes – 30 millions en Afrique – tombent enceintes dans des régions où le paludisme est endémique.

Durant la grossesse, le paludisme peut entraîner une anémie chez la mère, nuire au développement du fœtus, causer une fausse couche ou l’accouchement d’enfants mort-nés, provoquer une naissance avant terme ou donner un bébé de poids insuffisant à la naissance. Dans l’Afrique subsaharienne, le paludisme explique jusqu’à 40 pour cent des enfants de poids insuffisant à la naissance chaque année et le décès de 400 000 nourrissons.

Depuis de nombreuses années, le parasite responsable du paludisme résiste de plus en plus aux anciens médicaments peu onéreux comme la chloroquine. Actuellement, le traitement le plus efficace combine l’administration d’artémisinine et d’autres antipaludéens qui élargissent le spectre de chaque médicament et retardent l’acquisition de la résistance par le parasite.

L’armoise absinthe (Artemisia annua), d’où vient l’artémisinine, est surtout cultivée en Afrique et en Asie. Malheureusement, à cause des contraintes de l’agriculture, il faut parfois jusqu’à 14 mois avant qu’on comble toute hausse de la demande par un accroissement de la production, ce qui donne lieu à des pénuries et entrave la lutte contre la maladie.

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