Discours Article provenant de  Emploi et Développement social Canada

Discours du ministre Duclos sur l'apprentissage et la garde des jeunes enfants

Le 28 novembre 2016 – Ottawa (Ontario)

La version prononcée fait foi

Introduction

Bonsoir à tous, et merci pour ce bel accueil.

Permettez-moi tout d’abord de vous remercier très sincèrement de m’avoir invité à prendre la parole aujourd’hui.

J’aimerais vous parler ce soir d’enjeux qui sont particulièrement importants pour l’avenir de notre société, soit l’apprentissage en bas âge et les services de garde.

Soutien aux familles de la classe moyenne

Il y a maintenant un peu plus d’un an, les Canadiens ont décidé d’élire un gouvernement qui s’est engagé à mettre au cœur de son programme les intérêts de la classe moyenne et de ceux qui travaillent fort pour en faire partie.

Et je suis particulièrement fier de dire aujourd’hui que nous avons tenu parole, bien qu’il nous reste encore beaucoup de travail à faire.

Le titre de ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social comporte de grandes responsabilités dont celle de trouver de nouvelles façons de venir en aide aux familles et aux enfants, partout au pays.

En appuyant les familles de la classe moyenne, nous aidons les parents d’un bout à l’autre du pays, mais surtout, nous venons en aide à des millions d’enfants.

L’enfance, c’est la base de tout. Les premières années d’un enfant sont les plus cruciales dans le long processus que constitue leur développement physique, psychologique et social.

C’est en effet en bas âge qu’un enfant développe la plupart de ses connaissances, de ses capacités et de ses talents, sans lesquels le chemin vers un avenir prospère et heureux pourrait s’avérer difficile.

Tous les enfants au Canada devraient pouvoir vivre les premières années de leur vie en santé, dans un environnement sain avec un niveau de vie décent et des conditions d’apprentissage stimulantes.

Fondation Lawson

Et ça, la Fondation Lawson l’a bien compris. La preuve, c’est que depuis maintenant 50 ans, elle s’est impliquée activement à venir en aide aux enfants, aux familles et à la société canadienne tout entière.

Son travail est remarquable. En faisant activement la promotion de l’apprentissage en bas âge, en améliorant les chances des enfants de pouvoir vivre une vie active et en santé, et en les incitant à respecter leur environnement, la Fondation leur fournit les outils nécessaires pour qu’ils puissent s’épanouir pleinement.

Le gouvernement du Canada reconnaît également que les familles canadiennes ont besoin de soutien et que tous les enfants ont droit à une chance équitable de réussir.

Et un des meilleurs investissements que puissent faire les gouvernements pour améliorer le tissu social et économique du pays consiste en un solide soutien aux enfants.

Car si les familles constituent la base de notre société, les enfants en sont, sans contredit, l’élément le plus important.

C’est pourquoi notre gouvernement s’est fermement engagé à offrir aux familles canadiennes le soutien nécessaire afin de pouvoir mieux composer avec les dépenses qu’elles doivent engager pour élever leurs enfants.

Allocation canadienne pour enfants

À cette fin, en juillet dernier, nous avons mis en œuvre la nouvelle Allocation canadienne pour enfants, la plus importante innovation sociale en une génération.

Cette allocation, qui remplace six mesures différentes, s’avère beaucoup plus simple pour les parents.

Elle est aussi libre d’impôt, elle est mieux ciblée pour ceux qui en ont le plus besoin et elle s’avère beaucoup plus généreuse pour les familles à revenu faible et moyen.

En fait, comparativement à l’ancienne gamme de prestations pour enfants, la nouvelle allocation est plus avantageuse pour 90 % des familles canadiennes.

Toutes les familles dont le revenu net est inférieur à 30 000 $ reçoivent actuellement la prestation maximale, soit 6 400 $ par enfant de moins de 6 ans, et 5 400 $ par enfant de 6 à 17 ans.

Or, on estime qu’après une année complète de mise en œuvre, soit en 2017, l’Allocation canadienne pour enfants permettra à environ 300 000 enfants de sortir de la pauvreté et réduira ainsi le taux de pauvreté des enfants de 11,2 % à 6,7 %, le plus bas taux dans l’histoire du pays.

Défis à relever

Mais cette mesure, à elle seule, ne suffira pas, car plusieurs défis se dressent toujours devant nous.

Par exemple, les parents doivent encore faire face à bien des embûches en matière de services de garde.

L’accès à un service de garde abordable, particulièrement chez les familles à revenu faible et moyen, et celles avec un ou des enfants ayant une incapacité, est toujours difficile à trouver dans plusieurs collectivités.

Nous sommes convaincus que les services de garde d’enfants devraient être abordables, accessibles, flexibles, de grande qualité et véritablement inclusifs.

Cadre d’apprentissage et de garde des jeunes enfants

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les ministres fédéral, provinciaux et territoriaux responsables des services sociaux se sont réunis en février dernier afin de débuter l’élaboration d’un nouveau cadre d’apprentissage et de garde des jeunes enfants.

Plusieurs provinces et territoires ont déjà effectué d’importants investissements dans l’apprentissage et la garde des jeunes enfants avec des approches différentes.

Il existe en effet actuellement des disparités entre les différentes provinces et les différents territoires au niveau de l’accessibilité, de l’abordabilité et de la qualité des services de garde.

Comme vous pouvez vous en douter, il ne sera pas facile de mettre en place un système de services de garde qui réponde pleinement à l’ensemble des besoins des familles aux quatre coins du pays.

Nous avons la volonté et la détermination nécessaires pour y arriver. Et nous avons grandement besoin de l’appui d’organisations comme la vôtre, ainsi que de tous nos autres partenaires, pour mener à bien notre mission.

Il est grand temps de conjuguer nos efforts, notre énergie et notre créativité afin de trouver une solution à long terme.

Autochtones

Nous devons aussi penser au système de services de garde des enfants autochtones du Cadre, car le système actuel est malheureusement défaillant. En 2011, selon l’Assemblée des Premières Nations, 78 % des enfants de 0 à 5 ans des Premières Nations n’avaient pas accès à des services de garde réglementés dans leur communauté.

De plus, en 2014, l’Inuit Tapiriit Kanatami [IN-you-EET  ta-PEER-it  ka-na-TAH-mee] a estimé que plus de 1 400 enfants étaient sur des listes d’attente, même si 1 600 places en milieu de garde étaient disponibles dans le nord.

Pour les Autochtones, la qualité et l’abordabilité de l’apprentissage et des soins aux jeunes enfants, adaptés à leur culture, sont essentielles. Elles améliorent non seulement la qualité de vie à long terme, elles aident les parents à participer pleinement aux occasions d’éducation et d’emploi. De plus, les programmes pour enfants qui sont culturellement adaptés jouent un rôle important dans le processus de réconciliation en cours entre les Autochtones et le Canada.

À ce titre, ma collègue la ministre Bennett et moi avons déjà approché les Premières Nations afin de développer un cadre d’apprentissage et de garde des jeunes enfants qui soit spécifique aux autochtones en vue de mieux répondre aux besoins des familles autochtones. Il sera élaboré en étroite collaboration avec les Premières Nations, les Métis et les Inuits.

Qualité des services de garde

Les services de garde doivent assurer aux enfants toute une série d’avantages qui perdureront tout au long de leur vie.

D’ailleurs, les recherches ont révélé que l’abordabilité et la qualité des services de garde influencent la participation des parents au marché du travail et le développement des enfants.

Et c’est particulièrement vrai pour les enfants vulnérables ou exclus, que ce soit socialement ou économiquement.

Les enfants qui ont une incapacité physique ou intellectuelle, par exemple, doivent affronter des obstacles particuliers qui ralentissent trop souvent leur apprentissage et leur développement.

Il est donc primordial que nous trouvions rapidement des moyens concrets pour leur venir en aide.

Ces moyens devront cependant tenir compte que chaque famille est unique. Certaines vivent dans des grandes villes, d’autres demeurent en région rurale et certaines habitent dans des régions aussi éloignées que le Grand Nord.

Nous devons prendre en considération leurs situations spécifiques et diversifiées, afin de répondre adéquatement à leurs besoins.

Nous avons également la responsabilité collective d’intervenir tôt pour favoriser le développement des enfants, depuis la période prénatale jusqu’à l’âge de six ans.

Il a en effet été démontré que des mesures de qualité en matière d’apprentissage et de services pour les jeunes enfants ont le plus grand impact sur la vie des enfants vulnérables.

Elles permettent également souvent de réduire les besoins et les coûts en éducation spécialisée, en santé et en services sociaux, tout en augmentant le niveau de préparation des enfants pour entrer à l’école.

Impacts à long terme

Notre projet de Cadre d’apprentissage et de garde des jeunes enfants ne se contentera pas d’apporter des solutions temporaires et à l’aveuglette.

Ce que nous visons, c’est une participation fédérale à long terme qui aura des répercussions directes sur les familles canadiennes.

Le Cadre nous permettra de travailler de concert avec les provinces et les territoires pour avoir un impact significatif dans la vie des parents. Par exemple, des services de garde abordables et accessibles permettraient à un bon nombre de femmes de réintégrer le marché du travail.

En effet, les femmes seront d’autant plus intéressées à retourner au travail si elles savent qu’elles peuvent compter sur des services de garde qui répondent à ces critères.

Les enfants, eux, seront mieux préparés pour l’école. Ils auront développé plus de compétences essentielles à leur réussite. Ils auront de meilleures chances de compléter leurs études secondaires et de poursuivre avec succès au niveau postsecondaire. De même, une meilleure éducation augmente les possibilités d’emploi et diminue la durée d’inactivité sur le marché du travail.

Importance des données

Le Cadre devra s’appuyer sur des données fiables et vérifiables.

Je n’insisterai jamais trop sur l’importance des suivis, de l’imputabilité, de la recherche et des données scientifiques.

D’ailleurs, le Premier ministre s’attend à ce que notre travail soit basé à la fois sur des faits et des preuves, et sur l’opinion exprimée par les Canadiens et Canadiennes.

Nous pourrons ainsi travailler avec les provinces et les territoires pour assurer que les investissements que nous faisons pour améliorer l’apprentissage et les services de garde soient judicieux.

Après tout, des données de base de qualité et des mesures de rendement clairement définies ne peuvent que faciliter le développement de nouvelles politiques en faveur des familles à faible revenu.

Conclusion

Le Canada doit se tourner vers l’avenir et procurer aux familles la confiance, les outils et les possibilités nécessaires à leur réussite.

Nous sommes prêts à prendre nos responsabilités et à faire preuve d’un leadership fort afin de remplir nos obligations et d’assurer un meilleur avenir pour nos enfants et nos petits-enfants.

Nous croyons en effet qu’une approche mur-à-mur à partir d’un programme pan-national unique serait injuste, contre‑productif est inapplicable dans une fédération comme le Canada.

Il nous faut plutôt travailler ensemble, tous et toutes, à mettre sur pied un véritable et solide Cadre d’apprentissage et de garde des jeunes enfants.

C’est ainsi que nous pourrons nous assurer qu’il soit le premier jalon vers des services de garde abordables, accessibles, de grande qualité, flexibles et véritablement inclusifs.

Les événements comme celui d’aujourd’hui sont un parfait exemple de la force du travail collectif. Ils nous permettent d’échanger à propos de nos méthodes qui fonctionnent, de nos expériences à succès et de nos bonnes pratiques.

C’est très rassurant et stimulant pour l’avenir.

Je remercie encore une fois la Fondation Lawson de m’avoir accueilli aujourd’hui.

Je suis maintenant prêt à répondre à vos questions.

Merci.

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