Document d'information Article provenant de  Agence spatiale canadienne

Le Canada et la Station spatiale internationale

Le Canada, avec les États-Unis, la Russie, l'Europe et le Japon, est un partenaire dans le programme de la Station spatiale internationale (ISS), un laboratoire de recherche en orbite autour de la Terre. Depuis la mise en orbite du premier module en 1998, l'ISS effectue 16 révolutions autour de la Terre chaque jour et évolue à une vitesse de 28 000 km/h à une altitude moyenne de 370 km. En somme, l'ISS parcourt en une journée une distance équivalente à un aller-retour entre la Terre et la Lune. La superficie de la station spatiale est comparable à celle de cinq patinoires de la LNH et sa surface habitable, à celle d'une maison de cinq chambres à coucher.

La contribution de l'Agence spatiale canadienne

Tirant profit de son héritage en robotique spatiale de pointe, le Canada a fourni à l'ISS un système d'entretien mobile, un ensemble complexe d'éléments robotiques à la fine pointe de la technologie qui joue un rôle essentiel dans l'exploitation et l'entretien général de l'ISS.

Élaboré pour le compte de l'Agence spatiale canadienne (ASC) par MacDonald, Dettwiler and Associates Ltd. (MDA) de Brampton, en Ontario, le Système d'entretien mobile (MSS) est constitué de trois robots capables de fonctionner ensemble ou séparément. Ces trois robots sont les suivants.

  • Le Canadarm2 est un bras robotique de 17 mètres de long qui a été utilisé pour assembler les modules et les principales composantes de l'ISS dans l'espace. Le Canadarm2 est utilisé pour déplacer les pièces d'équipement imposantes et les fournitures, pour installer les expériences scientifiques et même pour déplacer des astronautes. Il a la capacité unique de se détacher de sa base et de se repositionner ailleurs, ce qui lui permet d'atteindre presque tous les recoins de l'ISS. Pour ce faire, il se déplace d'un point d'ancrage à un autre, ce qui est utile pour inspecter les endroits difficiles d'accès sur la station. En plus d'exécuter des tâches d'entretien général, le Canadarm2 est utilisé pour les attrapés cosmiques. En effet, le bras robotique saisit et amarre des engins spatiaux inhabités (lesquels transportent des cargaisons variées allant d'instruments spatiaux jusqu'aux nécessités destinées aux membres de l'équipage). Une fois la mission de ces vaisseaux terminée, le Canadarm2 les largue dans l'espace.
  • Dextre, le robot polyvalent à deux bras de la station spatiale, a été conçu pour réaliser les tâches nécessitant une dextérité accrue et pour réduire le plus possible le recours aux sorties dans l'espace, qui comprennent toujours leur part de risque. Dextre est commandé exclusivement par des contrôleurs de vol postés au sol, ce qui permet de libérer du temps d'équipage pour la réalisation de tâches plus importantes, comme des expériences scientifiques. Dextre change des batteries, remplace des composantes défaillantes, installe des expériences scientifiques et fait le lancement de microsatellites et de nanosatellites. Le robot à tout faire de l'ISS effectue également des démonstrations technologiques. Il compte d'ailleurs à son actif le tout premier ravitaillement d'une maquette de satellite réalisée par un robot.
  • La Base mobile est une plateforme de travail et de stockage qui se déplace sur un rail, le long de la poutrelle principale (dorsale) de la station spatiale. Elle permet le déplacement du Canadarm2, de Dextre et d'équipement d'un endroit à un autre.

Des contrôleurs de vol commandent le système à distance depuis le sol et prêtent main-forte aux membres d'équipage lors d'activités robotiques. Le MSS est commandé depuis le Centre spatial Johnson de la NASA, à Houston, au Texas, ou depuis le siège social de l'ASC, à Saint-Hubert, au Québec. Les planificateurs de mission passent des mois à planifier les moindres mouvements du MSS et à tester les manœuvres à l'aide de simulateurs avant chaque opération. Tous les astronautes et les contrôleurs de vol appelés à commander le MSS doivent suivre une formation à l'ASC.

L'environnement hostile de l'espace fait sentir ses effets sur l'ISS : en plus du vieillissement naturel des matériaux du laboratoire spatial, de petites météorites et des débris orbitaux percutent souvent la station. En 2020, l'ASC dotera Dextre d'un nouveau système de vision évolué – un outil portatif qui sera régulièrement utilisé pour inspecter la coque extérieure du complexe orbital et pour détecter le plus tôt possible tout dégât potentiel. Le système de vision pourrait également servir à faciliter l'amarrage des vaisseaux qui se rendent à l'ISS.

La construction et l'entretien de technologies robotiques destinées à l'ISS ont engendré d'importantes retombées pour la population canadienne. Ces technologies ont notamment permis à notre industrie spatiale de maintenir sa position de chef de file international en robotique spatiale et en optique, et elles ont stimulé l'innovation technologique dans de nouveaux créneaux, comme celui des analyses biomédicales, pouvant faciliter la vie des Canadiens établis dans des régions éloignées. Les systèmes robotiques canadiens ont engendré d'autres retombées importantes. Ils ont notamment inspiré la mise au point de robots médicaux capables de sauver des vies en raison de leur aptitude à détecter le cancer du sein et à réaliser des interventions en chirurgie pédiatrique et en neurochirurgie.

L'espace pour les scientifiques canadiens

L'investissement du Canada dans l'ISS permet aux scientifiques canadiens d'obtenir l'accès à l'environnement unique de microgravité à bord du laboratoire orbital, et ce, pour travailler au mieux-être de la population canadienne et rendre les voyages dans l'espace plus sécuritaires. Pour mieux comprendre les risques associés aux vols spatiaux habités – et pour faciliter la mise au point de contre-mesures et de traitements – l'ASC s'emploie à cerner, à caractériser et à atténuer les effets de l'environnement spatial sur la santé et le bien-être des astronautes et à atténuer les répercussions sur le rendement. Les principales priorités de l'ASC en sciences de la vie dans l'espace sont les suivantes :

  • Étudier les risques associés à l'adaptation physiologique au milieu spatial;
  • Surveiller le rayonnement et protéger les astronautes contre ses effets néfastes;
  • Veiller à la santé psychologique et psychosociale des astronautes.

La plupart des changements physiologiques qui surviennent dans l'espace s'apparentent aux problèmes que vivent les personnes âgées ou sédentaires sur Terre. L'ASC s'est associée à l'Institut du vieillissement des Instituts de recherche en santé du Canada afin de rassembler les connaissances sur le sujet et de travailler à trouver des remèdes ou des solutions.

L'ASC dispose, à son siège social, d'installations qui permettent aux scientifiques canadiens de communiquer directement avec les membres d'équipage de la station spatiale et de les guider lorsqu'ils réalisent leurs expériences.

Les Canadiens qui ont voyagé dans l'espace

En contribuant au programme de la Station spatiale internationale, le Canada permet le vol d'astronautes de l'ASC vers l'ISS afin d'y mener des expériences scientifiques pour le compte de chercheurs canadiens, de contribuer au développement de technologies et d'inciter la population canadienne – et plus particulièrement les jeunes – à en apprendre davantage au sujet des sciences et de la technologie.

Les astronautes canadiens ont joué un rôle de premier plan lors des missions à destination de l'ISS :

  • 1999 : Julie Payette
  • 2000 : Marc Garneau
  • 2001 : Chris Hadfield
  • 2006 : Steve MacLean
  • 2007 : Dave Williams
  • 2009 : Julie Payette
  • 2009 : Robert (Bob) Thirsk, premier Canadien à vivre et à travailler à bord de l'ISS (au total, il a séjourné 188 jours dans l'espace).
  • 2012-2013 : Chris Hadfield a participé à une expédition de 5 mois à bord du laboratoire orbital. En mars 2013, il est devenu le premier commandant canadien de l'ISS.

Les deux astronautes canadiens en service, Jeremy Hansen et David Saint-Jacques, iront dans l'espace avant la fin de 2024. Les missions et les dates ne sont pas encore déterminées.


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L'hon. Navdeep Singh Bains Agence spatiale canadienne Sciences et technologie

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