Discours Article provenant de  Environnement et Changement climatique Canada

Notes d'allocution de l'honorable Catherine McKenna, ministre de l'Environnement et des Changements climatiques

lors de la conférence annuelle de Canada 2020 à Ottawa, le 20 novembre 2015

Je vous remercie de cet accueil chaleureux et je vous salue tous.

Je tiens d’abord à souligner que nous sommes aujourd’hui sur le territoire traditionnel des Algonquins et des Anichinabés. Je compte collaborer avec nos amis les peuples autochtones de partout au pays.

Je suis ravie de participer à cette importante conférence.

Je suis tout particulièrement heureuse de participer à ce petit déjeuner rencontre – ou comme l’appellent les parents de lève tôt comme les miens, le dîner.

Je suis une grande admiratrice de Canada 2020 – et je sais que je ne suis pas la seule à être impressionnée par la rapidité à laquelle ce forum s’est implanté comme lieu de rencontre pour les débats et les discussions politiques. Tim, Susan, Tom et Don, je vous remercie, ainsi que votre équipe, de votre beau travail.

C’est la première fois que je suis derrière le micro, et je dois dire que je suis ravie de prendre part à cette rencontre avec les premiers ministres du Québec et de l’Ontario. La première ministre Wynne et le premier ministre Couillard ont tous deux fait preuve d’un réel leadership dans le domaine de l’environnement et de la réduction des émissions. Je sais que nous avons tous hâte d’assister à la discussion qu’ils auront ce matin avec Paul Wells, du magazine Maclean’s.

Pour ma part, je suis ici aujourd’hui pour discuter de ce que nous allons faire en tant que gouvernement pour diriger les actions du Canada dans la lutte contre les changements climatiques.

J’ai récemment fini de lire le dernier de mes 3 800 recueils de notes documentaires – j’ai peut être juste l’impression qu’il y en avait autant. Je ne manque donc pas d’exemples pour illustrer l’urgence de la situation et vous convaincre que notre monde et notre mode de vie ont déjà changé.

Cependant, je crois que nous avons dépassé le stade des constatations, n’est ce pas? Je suis certaine que la plupart d’entre nous n’ont plus besoin de se faire convaincre que la menace est réelle et imminente.

Nous savons que le climat change. Nous savons que des années d’inaction et d’indifférence – ici, au Canada, et dans le monde entier – ont miné notre capacité à protéger collectivement notre planète et notre avenir.

Nous savons que les changements climatiques représentent un défi de taille. Ce qui devrait retenir notre attention – la seule chose qui devrait retenir notre attention maintenant – c’est de remédier à la situation.

Mon parti a pris un engagement très clair envers la population canadienne pendant la campagne électorale. Nous avons promis d’exercer un leadership national afin d’agir dans le dossier des changements climatiques, de mettre un prix sur le carbone et de réduire la pollution par le carbone.

Ce qui signifie que nous devons créer une politique fondée sur la science et guidée par les preuves.

Ainsi, il faut mettre fin au cycle dans lequel le gouvernement fédéral a établi des cibles arbitraires sans plans appropriés, sans consultations et partenariats adéquats et sans l’engagement et la volonté nécessaires pour rendre ces cibles atteignables.

Surtout, il faut inciter les Canadiens à faire front commun. Nous devons faire comprendre clairement que, pour accomplir des progrès importants dans la réduction des émissions, chacun aura un rôle à jouer, c’est à dire le gouvernement fédéral, les provinces, les villes, les entreprises et les consommateurs.

C’est la seule façon d’établir un plan sérieux qui produira de réels résultats.

Le plan s’amorce par des mots, mais il doit se traduire par des actions.

La majorité des gens savent que la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques commence dans 10 jours à Paris. Par contre, je ne suis pas certaine que tout le monde comprenne ce qui est en jeu – et ce que sont les attentes lorsque les pays du monde s’assoient ensemble.

Pour la première fois, toutes les grandes économies du monde – autant les pays développés que ceux en développement – ont pris des engagements concrets.

En tout, plus de 160 pays – qui représentent ensemble 93 % des émissions mondiales – ont officiellement présenté leurs contributions prévues à l’accord de Paris.

Et pour veiller à ce que ces promesses nous permettent d’atteindre les objectifs que la science nous dicte comme étant nécessaires, les pays travaillent également à l’élaboration de règles qui favoriseront la transparence, la responsabilisation et la prise d’engagements encore plus solides à l’avenir.

L’objectif est d’obtenir un accord qui s’applique à tous – un accord qui reflète la volonté de chaque nation à accepter la science, à collaborer et à contribuer.

Il est important d’établir des cibles, mais le seul fait d’établir des cibles précises assorties d’une échéance très éloignée n’a pas donné de très bons résultats à l’échelle internationale.

Ceci étant dit, parlons du contexte dans lequel s’inscrit la contribution du Canada. Les cibles que nous allons établir – et les mesures que nous allons prendre pour atteindre ces cibles – sont déterminantes.

Nous avons déjà indiqué clairement que les engagements existants du Canada, pris par le gouvernement précédent, représentent uniquement un point de départ – un plancher pour nos ambitions après 2020, et non un plafond.

Au sommet de Paris et par la suite, je vais consulter mes homologues provinciaux et territoriaux. En fait, cette semaine, j’ai rencontré la ministre de l’Environnement et des Parcs de l’Alberta, l’honorable Shannon Phillips, pour discuter des moyens que peuvent prendre chaque province et chaque territoire en vue de faire leur part et de nous aider à atteindre nos cibles. Au cours des semaines à venir, je vais également discuter avec des dirigeants d’entreprise, des scientifiques, des maires ainsi que d’autres intervenants et experts.

Ultimement, notre gouvernement formulera un plan clair et pratique en vue d’atteindre les cibles que nous nous serons fixées. Pour ce faire, il faudra adopter une approche pangouvernementale qui tient compte de nos engagements en matière de changements climatiques dans tout ce que nous faisons. De plus, nous devrons mettre des mesures en place pour soutenir notre plan.

Par exemple, pendant la campagne électorale, nous avons promis de collaborer avec les provinces et les territoires afin de créer ce que nous appelons un fonds pour une économie à faibles émissions de carbone.

Ce fonds sera une source de financement pour des projets qui viseront à réduire matériellement les émissions de carbone. En d’autres termes, il aidera à mettre en œuvre de bonnes idées et des solutions éprouvées au bénéfice de tous.

Nous déposerons dans ce fonds deux milliards de dollars pendant notre mandat.

Notre contribution ne s’arrêtera pas là. Notre gouvernement investira également de nouvelles sommes importantes dans l’infrastructure écologique. Nous soutiendrons les progrès accomplis dans le secteur de l’énergie propre puisque les innovations dans le secteur de l’énergie peuvent être commercialisées, accrues et exportées. Réalisés de la bonne façon, ces progrès créeront de bons emplois pour la classe moyenne, feront croître notre économie et réduiront la pollution, y compris les gaz à effet de serre.

En pensant au défi auquel nous faisons face, nous devons être réalistes et admettre qu’aucun pays ne peut résoudre seul le problème causé par les changements climatiques – ni les États Unis, ni la Chine et certainement pas le Canada.

Nous pouvons faire une différence seulement si nous collaborons de bonne foi. Et pour maintenir notre bonne foi, il faut remplir nos engagements respectifs. Une stratégie de coopération est essentielle.

La même chose est vraie au sein du Canada.

Nous avons tous un rôle à jouer : le gouvernement fédéral, les provinces, les villes et les collectivités, les entreprises et les citoyens canadiens. Les choix que nous faisons dans notre vie ont une incidence sur notre monde et son avenir – qu’il s’agisse du type de voiture que nous conduisons, de la fréquence à laquelle nous la conduisons ou de l’efficacité énergétique de nos foyers.]

Selon le maire d’Edmonton, Don Iveson, que j’ai rencontré cette semaine, pour réussir, il faut établir des stratégies locales précises, réalisables et mesurables. Puisqu’il est question de stratégies locales, à Edmonton même, la ville a mis sur pied un centre de traitement des déchets de calibre mondial qui, entre autres, transforme des déchets ménagers en biocarburants avancés.

Malgré la difficulté à faire des progrès dans le dossier des changements climatiques, nous avons des raisons d’être optimistes aujourd’hui.

Tous les grands émetteurs de carbone seront présents à Paris. Ici, chez nous, il est à la fois encourageant et inspirant de voir, au cours des dernières années, un certain nombre de provinces prendre le leadership sur la question du climat.

La Colombie-Britannique, le Québec et l’Ontario ont été les chefs de file de ce mouvement. La Colombie-Britannique a instauré la première taxe sur le carbone n’ayant aucune incidence fiscale en Amérique du Nord. Le Québec a créé et mis en œuvre un plan d’action à long terme visant à réduire considérablement les émissions. Parmi ses réalisations, l’Ontario a mis un terme à la production d’électricité à partir du charbon – une décision qui est sans égale pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre du Canada.

Le respect de nos obligations à aider à protéger notre planète ne signifie pas que nous devons sacrifier la production d’énergie. Par contre, il faut en déduire que les projets de développement doivent respecter les normes des examens environnementaux rigoureux et obtenir le soutien des membres des collectivités touchées.

Le respect de nos obligations à aider à protéger notre planète ne signifie pas que nous devons sacrifier la croissance économique. Au contraire : le Canada a le potentiel de prospérer à l’aide de l’énergie propre, de la technologie et d’autres industries en croissance qui ont une moins grande incidence que de nombreux produits essentiels de l’économie à fortes émissions de carbone.

Le monde est prêt à récompenser ceux qui produisent des formes d’énergie sans carbone qui respectent nos besoins pour le transport et le chauffage – et ceux qui sont en mesure d’aider le monde à faire la transition vers une économie dont le bilan de carbone est neutre.

Par ailleurs, le Canada a les outils nécessaires pour démontrer la façon de mettre en place une économie axée sur l’énergie de manière responsable tout en gardant l’avenir à l’esprit.

Il ne fait aucun doute que nous sommes dans une position difficile. Les gouvernements, conservateur et libéral, ont pris très peu de mesures concrètes. D’année en année, il devient de plus en plus difficile d’accomplir des réductions importantes dans le laps de temps donné.

La vérité, c’est qu’aucun des pays du monde ne peut résoudre ce problème seul. De plus, si nous échouons, c’est le monde entier qui en subira les conséquences.

Peu de temps après avoir été assermentée comme ministre, je me suis rendue à Paris pour participer aux réunions préparatoires pour le sommet du mois prochain. C’était bien de voir la délégation canadienne recevoir un accueil si chaleureux et d’entendre nos homologues exprimer leur joie de voir le Canada présent aux discussions.

Je dois vous dire que j’ai été touchée par l’esprit qui régnait face aux progrès et aux possibilités.

J’ai parlé avec des ministres et des responsables provenant de partout dans le monde et j’ai découvert un véritable engagement à faire des progrès réels et durables dans la lutte contre les changements climatiques.

J’ai aussi ressenti l’enthousiasme envers le rôle que le Canada peut jouer afin d’aider à respecter les engagements pris par l’ensemble de la communauté internationale.

J’en suis revenue convaincue que nous pouvons être des leaders. Malgré ses années de retard et d’inaction, le Canada a toujours la possibilité d’être un leader.

Nous pouvons être des leaders dans la réduction des émissions de carbone, montrer au monde qu’une première économie peut produire de l’énergie de manière plus responsable et durable.

Nous pouvons être des leaders dans le domaine de l’énergie propre, en utilisant la technologie et notre savoir faire pour concevoir des produits et trouver des solutions qui aideront le Canada à atteindre ses cibles – et nous pouvons faire croître nos exportations afin que d’autres pays puissent profiter de notre ingéniosité.

Nous pouvons être des leaders en Amérique du Nord, en préconisant une approche à l’échelle du continent sur notre façon de voir l’énergie et l’environnement – ainsi que sur la façon dont les trois pays peuvent rester concurrentiels dans le monde en alignant mieux leur réglementation.

Nous pouvons être des leaders dans la mobilisation des investissements essentiels pour aider les pays en voie de développement à réaliser des réductions soutenues de leurs émissions. Un grand nombre de ces pays sont parmi les plus vulnérables aux effets des changements climatiques, mais ils manquent de ressources pour s’adapter à ces changements ou pour aller vers une économie à plus faibles émissions de carbone.

Finalement, dans une dizaine de jours, nous pourrons être des leaders en rassemblant les pays du monde – en les rassemblant afin de trouver une meilleure façon d’aller de l’avant et de conclure un accord qui promet de réels progrès dans une lutte pour laquelle nous avons tous une raison de gagner.

Notre travail commencera le mois prochain à Paris, mais il ne se terminera pas là. Notre travail se poursuivra sur le front international, en plus de se poursuivre ici, chez nous.

Après le sommet, nous rencontrerons de nouveau les provinces et nous collaborerons avec elles pour établir un cadre pour les cibles du Canada. Ces cibles seront inspirées par les meilleures analyses économiques et scientifiques disponibles.

Ce cadre ne sera pas imposé de manière unilatérale. De plus, les mesures ne seront pas universelles, puisqu’une telle approche ne fonctionne pas. En revanche, les provinces – ayant des situations différentes – seront en mesure de trouver le meilleur moyen pour elles de contribuer et de nous rapprocher de notre objectif national.

Dans un même temps, nous consulterons les gouvernements autochtones et les ferons pleinement participer aux décisions sur le développement durable des ressources qui les touchent et qui servent leurs intérêts.

Nous collaborerons avec nos villes pour participer aux efforts de construction d’une infrastructure résiliente, améliorer les services de transports en commun capables de déplacer efficacement les personnes et stimuler la productivité économique, tout en réduisant notre empreinte carbone.

Comme certains d’entre vous le savent, j’ai trois jeunes enfants. Je ne peux penser aux changements climatiques sans penser à eux. Lorsque nous constatons à quel point notre climat a changé au cours des dix à vingt dernières années, c’est une perspective inquiétante de penser à comment évoluera le monde – leur monde – au cours de la prochaine génération.

Nous savons ce que nous devons faire. La science est claire. Les preuves sont là. Il faut préciser une chose à propos de l’élaboration de politiques fondées sur des preuves – parfois, elle nous placera dans une position délicate et face à des choix difficiles.

C’est là où nous en sommes aujourd’hui. Si, en tant que pays, nous voulons réellement contribuer à la lutte contre les changements climatiques – pour nous mêmes, pour nos enfants et pour le monde – nous devons aller là où les preuves nous orientent.

Nous devons discuter ici, au Canada, les uns avec les autres. Nous devons discuter avec les nations du monde. Nous devons nous attaquer aux défis auxquels nous faisons face – et nous devons agir.

Plus de tergiversations. Plus de déni. Nous devons agir.

Le chemin à suivre ne sera pas facile. C’est une raison supplémentaire pour se mettre au travail.

Nous pouvons le faire.

Merci.


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