Discours Article provenant de  Environnement et Changement climatique Canada

Notes d'allocution de l'honorable Catherine McKenna, ministre de l'Environnement et du Changement climatique, à l'occasion du Forum canadien du climat

Le 20 octobre 2016 – Ottawa (Ontario) – Environnement et Changement climatique Canada

Merci Tom, et bon après-midi à tous. C’est un honneur pour moi d’être ici aujourd’hui. Merci de votre accueil chaleureux.

Mais tout d’abord, je tiens à souligner que nous sommes sur le territoire traditionnel du peuple algonquin.

Aujourd’hui, le Forum canadien du climat, appuyé par des études portant sur les graves sécheresses, les changements atmosphériques et les répercussions des orages violents de l’Arctique, contribue de façon considérable à la recherche sur les changements climatiques au Canada et partout dans le monde.

Le Forum canadien du climat donne systématiquement une impulsion à la lutte contre les changements climatiques.

Et soyons clairs, le leadership est ce dont nous avons besoin.

Alors que nous sommes rassemblés ici aujourd’hui, on peut déjà observer les effets des changements climatiques, qui ont marqué le paysage de notre pays.

  • Dans les provinces de l’Atlantique, l’érosion côtière constitue un problème important et bien réel. L’Île-du-Prince-Édouard rapetisse littéralement – elle a perdu 46 centimètres de littoral en 2014. D’ici 2100, la hausse du niveau de la mer au Canada atlantique pourrait atteindre un mètre. Le cas échéant, les conséquences seraient désastreuses pour les collectivités côtières.
  • Dans la forêt Boréale, les feux de forêt sont plus intenses et de plus longue durée que jamais auparavant. En mai dernier, près de 2 400 résidences ont été détruites par le feu à Fort McMurray, laissant ainsi des milliers de personnes sans logis et dépouillées de leurs biens.
  • Dans l’Arctique, les Autochtones sont incapables de prédire le temps comme pouvaient le faire leurs ancêtres autrefois. Natan Obed, président de l’Inuit Tapiriit Kanatami, décrit par ailleurs comment les chasseurs inuits trouvent la mort chaque année lorsque la glace, qui est plus mince que jamais auparavant, cède sous leur poids.

Il est évident que les répercussions des changements climatiques sont bien réelles et constituent la trame des enjeux du 21e siècle.

Voilà pourquoi le Canada se mobilise. Nous pouvons créer un monde meilleur pour les générations futures si nous nous attaquons au problème de manière concrète et réfléchie.

Comme je l’ai dit auparavant, cette situation ouvre également la porte à de grandes possibilités.

Les économies font actuellement la transition vers une croissance plus propre et plus durable. Le Canada doit donc en faire autant.

Dans l’ensemble du pays, nous devons renouveler nos infrastructures, consolider nos réseaux de transport et investir dans de nouvelles technologiques pour stimuler l’innovation et l’entrepreneuriat.

Ces mesures enverront un message clair aux marchés dont le Canada sera à la tête au cours du siècle de l’énergie propre.

Mark Carney, gouverneur de la Banque d’Angleterre décrit parfaitement la situation lorsqu’il dit : « Plus nous investissons avec prévoyance, moins nous aurons de regrets avec le recul. »

Au Canada, plus nous investissons dans l’avenir, meilleurs seront nos débouchés économiques. Selon M. Carney, l’économie de l’énergie propre constitue un marché futur d’une valeur de billions de dollars.

De plus, les Canadiens veulent que nous allions de l’avant. Ils nous l’ont dit cet été, lorsque les députés ont participé à des assemblées publiques dans l’ensemble du pays; de Terre‑Neuve‑et‑Labrador à la Colombie-Britannique.

Des milliers de personnes ont également pris le temps de participer à nos consultations en ligne, ainsi qu’aux assemblées publiques tenues dans leur communauté.

Nous avons entendu des Canadiens de tous âges, provenant d’entreprises et de syndicats, des scientifiques, des environnementalistes et des Autochtones.

Ce sont les changements qu’ils veulent voir.

Les Canadiens veulent des modes de transport plus propres.

Au cours des 25 prochaines années, les véhicules électriques deviendront un moyen de transport important, ce qui contribuera à assainir nos villes et à diminuer la pollution.

D’après les prévisions, en 2040, les véhicules électriques constitueront 25 % du parc automobile mondial, et le coût des batteries d’automobile diminuera de façon constante grâce au développement technologique, aux économies d’échelle et à l’expérience de fabrication.

Au Canada, nous devons accélérer l’adoption des véhicules électriques dans nos villes. Pour ce faire, il faut créer des réseaux de bornes de recharge et se doter de nouvelles infrastructures.

J’ai récemment visité une usine d’autobus électriques à Winnipeg. Ils sont incroyables. Ils fonctionnent très bien, sont silencieux et ne produisent aucune émission. De plus, l’entreprise, qui se nomme New Flyer, permet la création de bons emplois pour la classe moyenne. Aujourd’hui, nous pouvons entendre le ronronnement d’autobus et d’automobiles électriques aux quatre coins du pays, et cela se poursuivra.

Rappelons aux cyniques qui en doutent encore les mots prononcés en 1943 par l’ancien président d’IBM, Thomas Watson, au sujet de l’ordinateur personnel :

« J’estime que cinq ordinateurs suffiront à combler le marché mondial. »

Évidemment, il n’aurait pas pu imaginer un scénario plus éloigné de la réalité.

Aujourd’hui, les Canadiens veulent aussi des bâtiments plus écoénergétiques.

Il est d’ailleurs possible de prendre de nombreuses mesures à cet égard. Nous pouvons moderniser les codes pour les nouveaux bâtiments afin de rendre ces derniers plus écoénergétiques. Nous pouvons également réaménager nos maisons et nos bâtiments, ce qui permettra de réduire les factures de chauffage des Canadiens.

Le secteur de la construction au Canada est une activité qui rapporte des milliards de dollars. Si nous augmentons l’efficacité énergétique de nos infrastructures, nous créons également plus d’emplois.

En effet, au Canada, chaque dollar consacré aux programmes d’efficacité énergétique en apporte de quatre à huit au PIB.

La semaine dernière, j’étais à Edmonton, où j’ai visité une installation qui construit des maisons à consommation énergétique nette zéro, une entreprise qui crée des emplois.

L’entreprise, nommée Landmark Homes, compte plus de 300 employés, utilise des matériaux écoénergétiques et installe des panneaux solaires sur le toit de ses maisons. J’ai rencontré une famille qui habite dans l’une de ces maisons. Au lieu de payer des factures d’hydro, ils gagnent de l’argent en vendant de l’électricité.

Il s’agit des maisons de demain, et je sais que la construction de bâtiments écologiques aidera à réduire nos émissions de carbone et créera des emplois bien rémunérés à l’échelle du pays.

Aujourd’hui, les Canadiens exigent également de l’énergie propre.

Selon un récent sondage, 82 % des Canadiens souhaitent que notre gouvernement permette aux provinces d’utiliser davantage d’énergie renouvelable.

Il s’agit déjà de l’avenue que nous empruntons. En 2015, on a observé un virage mondial. Près d’un tiers de billion de dollars a été investi à l’échelle mondiale dans l’énergie renouvelable, près du double de la somme investie dans les combustibles fossiles.

Depuis 2000, la quantité d’électricité produite dans le monde par l’énergie solaire a doublé sept fois. De son côté, l’énergie éolienne a doublé quatre fois au cours de la même période.

Les possibilités pour le secteur de l’électricité au Canada à lui seul sont formidables. La production d’électricité par l’énergie éolienne et l’énergie solaire a notamment quintuplé entre 2006 et 2014.

On peut par ailleurs s’attendre à ce que cette tendance se poursuive alors que nous éliminons graduellement la production d’électricité à partir du charbon.

À plusieurs égards, le Canada a une longueur d’avance.

On assiste déjà à d’importants investissements et partenariats étrangers dans les technologies d’énergie propre. Le taux de croissance du secteur de l’énergie propre au Canada surpasse celui de tous les autres secteurs.

En effet, dans les cinq dernières années seulement, plus de 45 milliards de dollars canadiens ont été consacrés à la mise en chantier de nouveaux projets d’énergie renouvelable dans l’ensemble du pays.

De plus, on assiste à une croissance de la demande pour des technologies propres un peu partout dans le monde. Le Canada compte plus de 750 entreprises de technologies propres. Notre industrie d’exportation est en plein essor et nous menons des activités de recherche et développement de pointe, d’où la nécessité d’augmenter notre part de marché mondial des technologies propres.

D’ailleurs, j’ai justement rencontré ce matin des entreprises créatrices de technologies propres. Nous avons discuté de la façon dont le gouvernement pourrait mieux soutenir leurs efforts; soit en réduisant les obstacles au marché et en faisant la promotion de leurs solutions propres au pays et à l’étranger.

Des entreprises comme la société torontoise SkyPower Global continuent de produire de plus en plus de mégawatts à partir de l’énergie solaire. L’entreprise, qui mène ses activités dans plus de 30 pays, prépare des projets qui pourraient possiblement alimenter des dizaines de millions de domiciles*.

Qui plus est, dans les régions éloignées du Canada, les collectivités délaissent peu à peu l’utilisation du diesel pour la production d’électricité et se tournent vers les sources d’énergie renouvelable.

D’ailleurs, au point le plus au nord du Grand lac des Esclaves, une Première Nation des Dénés a installé 144 panneaux solaires pour la production d’électricité, qu’elle revend maintenant au service public. On estime que leur système d’énergie solaire photovoltaïque remplacera jusqu’à 11 000 litres de carburant diesel par année.

Certes, des technologies plus propres et plus efficaces contribueront à réduire la pollution par le carbone, mais pour y arriver, la mise en place de nouvelles politiques s’impose.

Ainsi, au cours de la même semaine où nous avons ratifié l’Accord de Paris, accord historique entre 197 pays, nous avons également élaboré un plan visant à tarifier la pollution par le carbone dans l’ensemble du pays.

Voici les détails : Nous établirons une tarification de la pollution par le carbone, ce qui aidera le Canada à atteindre ses cibles de réduction des gaz à effet de serre, tout en garantissant une stabilité pour le marché et les entreprises canadiennes.

Cette tarification devrait être fixée à un minimum de 10 $/tonne en 2018, et augmenter de 10 $/an jusqu’à atteindre 50 $/tonne en 2022.

D’ici la fin de 2018, toutes les administrations canadiennes auront mis en place une tarification du carbone.

Le plan confère aux provinces et aux territoires la latitude nécessaire pour choisir le moyen d’imposer une tarification du carbone : ils pourront opter pour une taxe directe sur le carbone ou pour un système de plafonnement et d’échange.

Le point suivant est très important : Les provinces conserveront toutes les recettes générées et pourront les utiliser des façons qu’elles jugent les plus adéquates.

Elles peuvent investir dans des projets d’énergie renouvelable, comme l’énergie solaire ou éolienne, ou dans l’infrastructure du transport en commun et les bâtiments écoénergétiques. Ou encore, elles peuvent redistribuer l’argent à leurs résidents, par une baisse d’impôts pour la classe moyenne et les petites entreprises.

Les provinces ont déjà joué un rôle exemplaire, car aujourd’hui, 80 % des Canadiens vivent dans une province qui tarifie la pollution par le carbone.

Et maintenant, les entreprises se rallient à la cause.

Tout juste cette année, plus de vingt entreprises canadiennes, dont Barrick Gold, TELUS et Suncor, ont créé la Coalition pour le leadership en matière de tarification du carbone pour exiger la tarification de la pollution par le carbone.

Steve Williams, PDG de Suncor, a déclaré : « Nous croyons que les changements climatiques sont réels » et « nous sommes d’avis qu’une tarification générale du carbone constitue la bonne solution ».

De son côté, l’entreprise Cenovus Energy Inc. a déclaré que la tarification du carbone constitue une des façons les plus équitables et les plus efficaces de favoriser l’innovation en vue de réduire les émissions liées aux hydrocarbures.

Ces entreprises comprennent que la tarification du carbone contribue à envoyer un message au marché et à ainsi encourager inventeurs, ingénieurs et entrepreneurs à exploiter leur potentiel pour innover et créer des solutions propres et de bons emplois.

Voici un autre exemple de la façon dont l’environnement et l’économie vont de pair.

L’Accord de Paris nous a donné une occasion en or.

Après des années où il était impossible de parvenir à un consensus, les dirigeants de la planète ont finalement décidé d’unir leurs forces pour réduire la pollution par le carbone.

Puis, pour la première fois de l’histoire, le gouvernement fédéral s’est joint aux 13 provinces et territoires pour créer la Déclaration de Vancouver, qui vise à lutter contre les changements climatiques.

Cette déclaration n’est pas seulement l’assise d’une économie à faibles émissions de carbone au Canada, mais elle souligne également l’importance de consulter les groupes autochtones et de collaborer avec eux. Il s’agit d’un aspect essentiel, car pour affronter les changements climatiques, de nombreux autochtones font face à des réalités particulières.

Aujourd’hui, le Canada agit. Le projet de tarification du carbone qu’il a adopté envoie un message clair à l’industrie et aux investisseurs : nous progressons vers un avenir à faibles émissions de carbone.

Plusieurs qualifient la transition énergétique de « révolution de l’énergie propre ». La révolution de l’énergie propre, tout comme la révolution numérique, laquelle a transformé à jamais notre façon de communiquer et de mener des affaires, apportera de grands changements, qu’il s’agisse des transports, de notre environnement bâti ou des types d’emploi que nous occupons.

À l’échelle mondiale, des centaines de milliards de dollars sont investis pour stimuler la création de nouvelles technologies et ouvrir la voie à de nouvelles possibilités.

Le Canada sera un chef de file de cette nouvelle économie.

En tant que mère, lorsque je songe à mes trois enfants, je me demande ce que l’avenir leur réservera. Et, comme tous les parents, je veux qu’ils vivent sur une planète durable et obtiennent de bons emplois.

Je sais que si nous travaillons fort et prenons les bonnes décisions, nous pourrons offrir une vie meilleure à nos enfants et à nos petits-enfants.

Si nous continuons à faire des progrès et à travailler ensemble, nous permettrons aux générations futures de vivre dans un pays à l’économie florissante, diversifiée et saine, aux collectivités dynamiques et en santé et aux montagnes et lacs vierges.

Aujourd’hui, un changement s’opère, et je sais que nous parviendrons à nos fins.

Merci beaucoup.


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