Discours Article provenant de  Emploi et Développement social Canada

Archivé - Notes d'allocution pour l'honorable Diane Finley pour le lancement de l'appel national d'idées sur la finance sociale lors du 5e Forum annuel sur la finance sociale

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Notes d’allocution

pour

l’honorable Diane Finley,

ministre des Ressources humaines et du

Développement des compétences,

pour le lancement de l’appel national d’idées

sur la finance sociale

lors du 5e Forum annuel sur la finance sociale

Le 8 novembre 2012

Toronto (Ontario)

L’allocution prononcée fait foi

Bonjour à tous et merci pour cette aimable présentation.

J’aimerais féliciter sincèrement les lauréats d’aujourd’hui et remercier MaRS d’avoir présenté et planifié ce remarquable forum de deux jours.

Je veux commencer par vous raconter une histoire dont j’ai fait part, l’an dernier, aux participants à la conférence du Manning Centre, alors que je discutais de l’intérêt de notre gouvernement pour les partenariats sociaux et la finance.

Un commerçant d’une petite ville est consterné lorsqu’un tout nouveau commerce semblable au sien ouvre ses portes à côté du sien et pose une affiche annonçant « LES MEILLEURES AUBAINES ».

Il est ensuite scandalisé lorsque, quelques semaines plus tard, un autre concurrent ouvre un commerce de l’autre côté du sien et annonce son arrivée en posant une affiche plus grande sur laquelle on lit : « LES PRIX LES PLUS BAS ».

Le commerçant est pris de panique pour la survie de son commerce… jusqu’à ce qu’une idée lui traverse l’esprit.

Il installe une plus grande affiche que les autres au-dessus de sa boutique sur laquelle on peut lire : « ENTRÉE PRINCIPALE ».

Je vous raconte cette histoire parce qu’elle cadre d’une certaine façon avec ce dont je vais vous parler aujourd’hui, soit le riche potentiel largement inexploité en matière d’innovation et de résilience de nos collectivités locales.

Et aussi… en quoi les choses doivent changer.

Alors, si vous le voulez bien, débutons. Je trouve absolument fantastique de voir autant de leaders, d’experts et de pionniers rassemblés ici, aujourd’hui.

Et vous êtes tous ici à Toronto afin de contribuer à rendre le Canada meilleur.

Je dois vous dire que nous vivons une période emballante pour ce qui est de l’établissement de partenariats sociaux au Canada.

Les attitudes changent. Les gens proposent des solutions novatrices à des problèmes qui semblent souvent impossibles à régler.

C’est pourquoi des événements comme celui-ci attirent certains des plus grands cerveaux du Canada et du monde entier.

C’est aussi pour cette raison que MaRS a fait un acte de foi et a annoncé la création d’un centre national de l’investissement d’impact, qui doit servir de plateforme pour la finance sociale.

Il est inutile de vous dire qu’il n’y a pas si longtemps, il aurait été considéré pratiquement comme une hérésie de parler du même souffle du marché de l’investissement financier et des défis sociaux… comme si, en principe, les deux notions étaient diamétralement opposées.

Aujourd’hui cependant, alors que nous faisons toujours face à des défis sociaux et économiques qui semblent difficiles à relever – pensons à l’itinérance, à la criminalité chez les jeunes et au chômage persistant – nous reconnaissons que nous devons envisager de nouvelles façons de favoriser l’innovation au sein des collectivités locales.

Bien que certaines approches traditionnelles aient permis de réaliser des progrès importants en vue de relever ces défis au cours des dernières décennies, nous pouvons en faire davantage.

Et nous devons en faire davantage. Mais il est essentiel de procéder de façon différente.

Permettez-moi de vous donner un exemple.

Lorsque j’ai été nommée ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences pour la première fois en 2006 et que j’ai demandé à des fonctionnaires combien il y avait de sans-abri au Canada, on m’a répondu qu’il y en avait 150 000.

Trois ans plus tard, lorsque j’ai été nommée de nouveau ministre de RHDCC après avoir occupé le poste de ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration, j’ai posé de nouveau la question et j’ai obtenu la même réponse, à savoir que le Canada comptait 150 000 sans-abri.

Du bon travail avait été accompli, mais de vrais progrès n’avaient pas été réalisés.

Mettons tout de même les choses au clair. Il y a de nombreuses personnes sincères et dévouées qui déploient tous les efforts nécessaires pour résoudre les problèmes sociaux.

En effet, il s’agit notamment de fonctionnaires, d’organisations professionnelles et d’organismes sans but lucratif, en plus de milliers de bénévoles, qui s’efforcent de faire évoluer les choses.

Le rôle de notre gouvernement consiste à travailler de concert avec nos partenaires afin de conférer plus de pouvoirs, d’habiliter les particuliers et les collectivités de façon à travailler davantage à relever nos défis.

Pour ce faire, nous devons élargir nos horizons et sortir des sentiers battus afin de trouver de nouvelles pistes de solutions.

Du point de vue du gouvernement, le financement social peut maximiser le rendement de l’argent des contribuables – et l’ensemble des efforts et des ressources que nous investissons – pour relever les défis sociaux dans ce pays.

J’aimerais cependant que nous allions un peu plus loin. Je crois qu’il faudrait trouver de nouvelles sources de capitaux. Il s’agit de réaliser les objectifs d’ordre social en utilisant les pratiques exemplaires du secteur privé et en contribuant à faire augmenter l’innovation.

Je crois vraiment que la volonté d’offrir le service existe déjà. Il nous faut juste mieux canaliser le tout.

Je ne veux inquiéter personne, mais je dois vous révéler un secret : les gouvernements n’ont pas toutes les réponses.

Nous ne pouvons tout faire. C’est vrai!

Et franchement, nous ne devrions pas tout faire.

Cela n’est probablement pas un secret pour vous tous ici présents, mais ça l’est encore pour beaucoup de gens.

Comme l’a déjà dit Ronald Reagan :

« The nine most terrifying words in the English language are: I’m from the government and I’m here to help. », ce qui pourrait se traduire en français par ceci : « La phrase la plus terrible en langue anglaise est la suivante : je suis fonctionnaire, comment puis‑je vous aider? »  

Je vous le dis donc très franchement : nous ne pouvons financer absolument tous les services que les gens veulent obtenir sans tenir compte de la capacité des contribuables d’en assumer les coûts.

Le temps est donc venu de s’adapter.

Le temps est venu pour nous de laisser libre cours aux initiatives personnelles afin que les personnes motivées puissent aider les autres, et que celles qui ont besoin d’aide aient la possibilité d’assumer davantage de responsabilités pour elles‑mêmes.

Ce sont vraiment les dirigeants communautaires qui comprennent le mieux leurs défis locaux, qui déterminent les solutions et qui obtiennent des résultats. 

C’est pourquoi il est aussi important que nous puissions travailler plus efficacement avec les secteurs des affaires et du bénévolat, des fondations et des groupes sans but lucratif. Il s’agit de la mine d’or dont je parle – et de celle que nous devons exploiter.

Voici un exemple que MaRS a déjà utilisé pour expliquer la finance sociale à l’œuvre.

Une fondation communautaire peut accorder une subvention à une entreprise sans but lucratif qui souhaite traiter de l’itinérance dans sa collectivité. Mais elle accorde la subvention dans le but d’attirer intentionnellement un prêt remboursable à un investisseur plus traditionnel.

La fondation s’attendrait à ce que l’itinérance diminue d’un certain pourcentage. C’est là son rendement du capital investi.

Par contre, l’investisseur traditionnel s’attend à obtenir un rendement financier ou un remboursement.

Dans le cadre de cette entente, qui peut comprendre ou non un financement fédéral, l’organisation peut rembourser le prêt en raison de la subvention du fonds communautaire.

Et la subvention du fonds communautaire a été renforcée, a été « mobilisée », comme l’a dit MaRS, parce que les résultats de l’organisation ont été soutenus au-delà de la valeur monétaire. Au cours des dernières années, notre gouvernement a fait avancer les choses sur ce plan de la finance sociale.

J’ai mis sur pied un groupe consultatif d’experts sur les partenariats sociaux et la finance sociale. J’ai trouvé extrêmement encourageants le travail soutenu, le dynamisme et l’enthousiasme de ce groupe, et je tiens à en remercier publiquement les membres pour leurs efforts soutenus et leurs conseils utiles.

Nous avons examiné un certain nombre des activités liées à la finance sociale qui se déroulent sur la scène internationale.

Pendant mon séjour à Londres, j’ai rencontré un certain nombre de chefs de file mondiaux en matière de finance sociale, afin de tirer des leçons de leur expérience des obligations à impact social.

Comme la plupart d’entre vous le savent, il s’agit d’un contrat entre le gouvernement et des investisseurs privés, où les investisseurs privés fournissent des mises de fonds initiales afin de financer une organisation – souvent un organisme sans but lucratif – dans le but d’exécuter un programme social.

Le paiement du gouvernement est lié aux résultats du programme. Ce n’est que si les résultats convenus sont atteints que le gouvernement verse aux investisseurs la prime convenue, ainsi que l’investissement original.

Nous examinons actuellement si, à l’échelle fédérale, des obstacles pourraient empêcher des groupes clés d’investir dans ces projets de type obligation à impact social.

Nous voulons aussi prendre le pouls des investisseurs pour la prise de risques et tenter de trouver la meilleure façon d’obtenir la participation d’organisations fournisseuses de services. 

De façon plus générale, nous examinons différents types de modes de financement novateurs qui sont essentiels à une stratégie générale de partenariats sociaux.

Prenons à titre d’exemple Food n More, à Calgary.

Food n More est une coalition de 25 agences formée à Calgary en 2007 qui réduit le coût d’achat de nourriture de 20 % à 30 % pour les groupes qui desservent des populations vulnérables. Elles y parviennent en effectuant des achats coordonnés, en centralisant l’entreposage et au moyen de partenariats communautaires élargis.

Une des fonctions requises de Food n More est la prestation de services de première ligne par 1 000 bénévoles qui livrent des paniers de nourriture dans toute la ville.

Cet été, notre gouvernement a annoncé un montant de 500 000 $ afin d’élaborer et de mettre en œuvre un programme de formation « Travail intelligent » qui servira à recruter et à former 1 000 bénévoles.

Les participants apprendront à fournir des services à domicile améliorés aux clients vulnérables en les reliant, selon leurs besoins, aux services de soutien offerts dans leurs collectivités.

Pour rapprocher la contribution du gouvernement, l’organisation réunira des fonds au moyen de nouveaux partenariats avec le secteur privé et de donateurs particuliers.

Ce n’est qu’un exemple de la façon dont nous encourageons l’établissement de nouveaux partenariats entre les collectivités et le gouvernement, tout en maximalisant les répercussions des dépenses fédérales en tirant parti des ressources du secteur privé.

Nous avons déjà mis en œuvre des projets pilotes visant à mettre à l’essai de nouvelles façons de trouver des solutions aux défis sociaux complexes.

Nous envisageons aussi des ententes « à guichet unique » plus simples qui faciliteraient la tâche aux organisations lorsqu’il s’agit d’interagir avec le gouvernement et d’avoir accès à du financement, tout en réduisant le fardeau administratif.

Vous pouvez l’appeler « centre multi-service » du gouvernement, si vous le désirez.

Nous commençons à mettre en œuvre des ententes de paiement au rendement qui stipulent que le paiement est effectué seulement après que les résultats précisés ont été obtenus.

Nous cherchons aussi des moyens d’encourager les organismes sans but lucratif à trouver de nouvelles sources de financement pouvant compléter le financement fédéral. 

Dans notre Plan d’action économique de 2012, nous nous sommes engagés à continuer d’examiner des instruments de financement social comme moyen d’encourager l’établissement de partenariats entre le gouvernement et les collectivités.

Lorsque notre gouvernement fait une promesse, nous la tenons, et c’est la raison de ma présence.

Aujourd’hui, je suis heureuse d’annoncer, dès maintenant, un appel national d’idées sur la finance sociale. 

C’est la première étape officielle pour vous inviter à lancer des idées qui peuvent contribuer à modeler la politique sociale future au Canada, d’une nouvelle manière.

Je veux recueillir les meilleures idées que les innovateurs canadiens ont à offrir afin que nous puissions, en tant que gouvernement fédéral, tracer la voie de l’avenir pour ce qui est de la façon de soutenir la finance sociale.

Je veux aussi trouver de nouveaux partenaires et mieux modeler nos programmes existants de façon à soutenir l’innovation.

Je veux profiter de l’occasion pour mieux comprendre ce que les organisations et les particuliers croient que nous pouvons faire de la finance sociale, et j’espère qu’ils s’en serviront comme tremplin pour lancer un appel de propositions, ou pour établir des projets pilotes prometteurs.

En particulier, nous cherchons à savoir quels sont les enjeux sociaux ou économiques que vous aimeriez nous voir traiter d’une nouvelle façon. Nous recherchons des idées créatives de partenariat, comme Food n More.

Un grand nombre d’entre vous ici présents sont des experts en la matière. Et je vous lance le défi – et vous fais la demande – de nous aider à atteindre nos objectifs communs.

Nous avons besoin de votre apport pour trouver les meilleures façons d’apporter des améliorations notables qui profiteront aux personnes dans le besoin.

Il s’agit pour vous d’une excellente occasion de contribuer à la politique sociale et à la façon dont le gouvernement fédéral modifie son fonctionnement et l’exercice de ses activités.  

C’est aussi une occasion de mettre votre expertise et vos réseaux au service de vos collectivités.  

Nous commencerons à accepter les idées que vous présenterez dans un site Web dont le lancement a également lieu aujourd’hui. L’appel est en vigueur jusqu'à la fin de l’année.

Il est clair qu’il faut une nouvelle approche en matière de financement.

Une approche fondée sur la collaboration et le partage de résultats… 

Une approche où l’on intègre les objectifs sociaux et opérationnels, plutôt que de les isoler…

Une approche qui va au-delà des dons traditionnels et préconise davantage les investissements stratégiques qui apportent un impact mesurable…

Une approche qui procure une chance équitable pour l’innovation communautaire et locale…

Une approche qui est enracinée dans les principes de l’efficience, de la transparence et du partenariat…

Pour y parvenir, nous avons besoin du service public soutenu de personnes comme vous. 

Je vous demande donc, à toutes et à tous, d’utiliser vos réseaux et de passer le mot. Rendez-vous sur notre site Web et faites-nous part de vos meilleures idées.

Notre gouvernement cherche à obtenir des résultats différents – et meilleurs – pour les contribuables canadiens, ce qui veut dire que nous devons examiner notre façon de faire.

C’est pourquoi je suis emballée par les résultats de ce forum, et aussi par le fait de poursuivre sur notre lancée pour ce qui est de la finance sociale.

J’espère que nous pouvons trouver de nouvelles façons de travailler en collaboration en vue de faire du Canada un pays encore plus fort.

Merci beaucoup.

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