Discours Article provenant de  Santé Canada

Notes d'allocution de l'honorable Jane Philpott, ministre de la Santé, au Congrès canadien sur la santé cardiovasculaire

Le 24 octobre 2016
Montréal (Québec)

La version prononcée fait foi. Ce discours a été traduit en conformité avec la Politique sur les langues officielles et révisé aux fins d’affichage et de distribution conformément à la Politique de communication du gouvernement du Canada.

Merci beaucoup, bonjour à tous et merci pour l’accueil. Je suis ravie d’être ici ce matin au Québec dans la merveilleuse ville de Montréal. Nous n’aurions pas pu trouver de meilleur endroit pour notre annonce d’aujourd’hui. Montréal, comme vous savez, c’est une capitale mondiale de la gastronomie et c’est principalement l’alimentation dont je souhaite vous parler aujourd’hui. Alors, quoi de mieux que d’être ici à Montréal au Congrès canadien sur la santé cardiovasculaire entourée d’experts en saines habitudes de vie.

Je pense que dans les meilleurs rassemblements, en famille et entre amis, il y a toujours de la nourriture. On sait comment les choses se passent lorsqu’on se réunit. Les gens aiment se regrouper dans la cuisine. C’est un lieu pour échanger, pour avoir de vigoureux débats, parfois même des désaccords, un lieu qui nourrit notre corps et notre esprit. Chez moi, peu importe à quel point la journée est occupée, peu importe qui s’y trouve, nous essayons toujours de nous rassembler autour de la table chaque jour. Miraculeusement, chacun met son téléphone de côté, et nous parlons les uns aux autres pendant le repas.

Lorsque je repense à mon enfance, je me souviens que la table était en fait bien différente. C’était toujours ma mère qui cuisinait. Mon père pouvait faire de la soupe aux tomates, mais ses talents culinaires s’arrêtaient là. Nous mangions de la viande, des pommes de terre et un légume ou parfois deux. Nous avions une variété de desserts, mais mon souvenir préféré, c’est l’incroyable tarte aux pommes de ma mère.

Dans les années 1960 et 1970, pour nous, un repas multiculturel, c’était du spaghetti. Nous n’avions jamais entendu parler de sushi, et encore moins de kefta au malai ou de pad thaï. Plus tard, dans les années 1990, j’ai habité au Niger, en Afrique de l’Ouest, pendant une décennie. Au Niger, j’ai acquis une perspective complètement nouvelle à propos de la nourriture. J’aimais les nouveaux plats : kuli-kuli, shinkafa da wake, tuwo da miya, c’est-à-dire du millet pressé. J’habitais dans un pays où il n’était pas rare pour les gens de ne manger qu’un seul repas, ou même parfois aucun, pendant la journée. J’ai aussi beaucoup appris à respecter la préparation de la nourriture. J’allais à pied jusqu’au marché qui était tenu une fois par semaine dans notre village. J’achetais ma viande et mes légumes du boucher et des commerçants dans le marché ouvert le mercredi matin. Je faisais presque toute notre nourriture à partir d’ingrédients bruts, que ce soit le pain, les pâtes pour la lasagne, le yogourt maison, le fromage cottage maison, mais ma vie a beaucoup changé depuis. Maintenant, c’est tout juste si je fais l’épicerie. Mon mari fait presque toute l’épicerie et la cuisine dans notre maison, et c’est une bonne chose parce qu’il est bien meilleur cuisinier que moi.

Je mange souvent à toute vitesse. Je suis comme beaucoup d’entre vous. Nous avons du mal à trouver le temps dans nos horaires chargés pour manger avec famille et amis réunis autour de la table. Je ne veux pas avoir une vision complètement romantique de la façon dont les choses se passaient autrefois. Je crois que le Canada n’a jamais été mieux ni plus fort qu’il ne l’est aujourd’hui, et en fait je ne voudrais jamais retourner à la viande et aux pommes de terre de mon enfance comme alimentation de tous les jours. Nous avons beaucoup plus de choix culinaires intéressants de nos jours. Dans ce monde où de nombreuses personnes, en fait, des millions de personnes, ont encore faim, la plupart d’entre nous ici au Canada avons accès à ce qui semble être un approvisionnement sans fin de nourriture relativement économique, attrayante, commode, savoureuse, offerte en très grandes quantités, à haute valeur calorique et ultra transformée. Les Canadiens se trouvent face à un flux constant de messages changeants et contradictoires, ce qui crée du fouillis et de la confusion au sujet de ce que nous devrions manger et ce que nous ne devrions pas manger. Nous avons du mal à utiliser les renseignements nutritionnels qui nous sont offerts. Nous voulons des messages simplifiés et des renseignements pour nous aider à faire des choix sains en matière d’alimentation.

Je n’ai pas besoin de vous dire, à vous en particulier, qu’au cours des dernières décennies sont apparus de nombreux problèmes médicaux liés à la façon dont nous mangeons. Les taux d’obésité, d’hypertension, de diabète et d’autres maladies chroniques sont à la hausse, et vous en avez sans doute discuté au cours des deux ou trois derniers jours. Il y a une crainte bien réelle que la prochaine génération d’enfants canadiens soit la première à être moins en santé que celle de ses parents. Nous sommes tous responsables de la situation actuelle de notre environnement alimentaire, ce qui signifie que nous devrons collaborer pour l’améliorer. Je veux dire que je comprends que la voie vers un environnement alimentaire sain au Canada exige l’intervention de toute la société. Il faut y intégrer l’agriculture durable, la sécurité alimentaire, le coût de la nourriture, la façon dont elle est distribuée, les lieux où elle est vendue, la manière dont elle est préparée, et bien plus encore.

C’est au sein de ce vaste éventail d’intervenants que les gouvernements tiennent un rôle important. Aujourd’hui, je me concentrerai précisément sur le rôle de Santé Canada, bien que je reconnaisse que bien d’autres ministères de notre propre gouvernement sont concernés. Comment mon ministère peut-il aider les Canadiens à faire des choix sains? Comment pouvons-nous faciliter les choses pour les Canadiens et leurs familles?

Un bon point de départ est en fait le plus important document produit par mon ministère, Santé Canada, et il s’agit aussi du document qui fait l’objet de vives discussions entre les experts. Vous devinerez probablement qu’il s’agit du Guide alimentaire canadien. Il est emblématique. Presque tous les Canadiens l’ont étudié à l’école, et nous nous souvenons d’anciens guides alimentaires. En tant que médecin de famille, j’avais l’habitude de garder une pile d’exemplaires du Guide alimentaire canadien dans mon bureau pour en donner aux familles qui venaient pour leur examen de santé périodique.

L’an passé, mon ministère a réalisé un examen des données probantes à la base des recommandations du guide en matière d’alimentation et de la façon dont le guide est utilisé par les professionnels de la santé comme vous, les éducateurs et autres. Les données probantes ont montré que les Canadiens ne font pas toujours des choix alimentaires éclairés. Cela ne doit pas vous surprendre que nous ne mangions pas assez de légumes, de fruits ou de grains entiers. Environ 30 p. 100 des calories que nous consommons, et parfois plus, vient d’aliments riches en matières grasses, en sucre et en sodium. Nous ne consommons pas suffisamment d’autres éléments nutritifs, comme le calcium et les fibres.

Nous avons aussi trouvé que le Guide alimentaire canadien ne répond pas aux besoins de tous les publics. Bien que la plupart des Canadiens connaissent le guide, ils le trouvent difficile à interpréter. Ils trouvent difficile d’appliquer les conseils qui s’y trouvent dans leur vie quotidienne. L’approche universelle classique du guide alimentaire ne répond plus aux besoins des Canadiens. Les Canadiens ont besoin d’un nouvel outil : un outil qui peut s’adapter pour répondre à leurs besoins uniques et à leurs restrictions alimentaires, une ressource qu’ils peuvent emporter avec eux, qui peut les aider à faire des choix sains, que ce soit à l’épicerie ou au restaurant. Partout dans le monde, et j’ai discuté de cela avec mes homologues, les ministres de la Santé d’autres pays, j’ai vu des guides alimentaires magnifiques et créatifs qui semblent beaucoup plus utiles que celui que nous utilisons présentement.

Aujourd’hui, je suis fière d’annoncer que nous entamons le processus de mise à jour du Guide alimentaire canadien afin de le transformer en une gamme complète de produits qui fourniront aux Canadiens les recommandations les plus à jour sur une alimentation saine. J’ai beaucoup d’opinions sur la façon dont il pourrait être plus utile. De toute évidence, je pense qu’il doit être orienté par des données probantes. Il doit être pertinent et pratique. Il doit être rédigé en langage clair, être facile à comprendre, à mémoriser et à utiliser. Il doit contenir des messages simples que les gens peuvent saisir en un coup d’œil, avec des énoncés comme : moins de gras saturé et plus de fibres, moins de viande et plus de légumes, moins d’aliments transformés. Soyez plus actifs, bougez. Je pense que vous pouvez imaginer, comme moi, bon nombre d’applications possibles.

Dans un monde où nos vies entières sont contrôlées par nos téléphones intelligents, le guide alimentaire doit être adaptable à des applications sur la santé qui permettront aux personnes d’individualiser les recommandations du Guide alimentaire canadien. Nous devrions être capables d’entrer des données à notre sujet, telles que notre taille et poids, nos préférences alimentaires, nos sensibilités alimentaires, nos allergies alimentaires. Toutes ces données doivent pouvoir être introduites et appliquées à un guide alimentaire qui fonctionne pour chacun de nous. Les facteurs de risque individuels doivent aussi pouvoir être inclus dans le guide alimentaire, et il s’agit d’un domaine où beaucoup d’entre vous pourraient jouer un rôle important.

Il me faut savoir ce que les Canadiens pensent à ce sujet. Notre première étape est d’écouter les Canadiens pour mieux comprendre leurs besoins et leurs bonnes idées en tant que décideurs pour eux-mêmes et leur famille, en tant qu’experts sur les aliments et en tant que professionnels des soins de santé. Au cours des quarante-cinq prochains jours, nous mènerons une consultation au sujet du guide alimentaire.

Or, notre travail à Santé Canada cette année fait intervenir beaucoup plus que la mise à jour du guide alimentaire. Comme je l’ai dit déjà, Santé Canada est un intervenant parmi plusieurs autres, mais étant l’une des autorités de réglementation en matière d’alimentation, nous avons la responsabilité de sensibiliser les Canadiens au sujet de l’alimentation. Nous avons la responsabilité d’encourager les gens à prendre de bonnes décisions au sujet de l’alimentation et de nous assurer que nous soutenons des choix éclairés et une alimentation réfléchie. D’ici la fin de l’année, nous achèverons un nouveau Tableau de la valeur nutritive qui sera fondé sur des données scientifiques et répondra mieux aux besoins des Canadiens et de leurs familles.

Dans ce tableau, il y aura des portions normalisées afin de rendre la comparaison de la valeur nutritive des produits plus facile pour les Canadiens. Vous savez tous comment ce peut être compliqué lorsqu’on se trouve à l’épicerie et qu’on essaie de comparer deux produits selon deux portions différentes.

Il y aura plus de renseignements sur le sucre, et ce, de manière plus utile. Par exemple, le public sera en mesure d’avoir une idée plus claire des quantités de sucre directement à partir de l’étiquette. Ce ne sera pas caché dans une liste qui comprend des choses comme du sirop de maïs, de la mélasse, du sucrose et des douzaines d’autres pseudonymes utilisés pour le sucre. Ces derniers seront maintenant regroupés sous « sucre », et le nombre total de grammes sera donné.

Nous exigerons que les colorants alimentaires soient nommés selon leurs noms usuels. Nous devons veiller à ce que les ingrédients soient plus faciles à lire, y compris les renseignements importants concernant les allergènes, qui sont essentiels à la protection d’un nombre croissant de Canadiens atteints d’allergies alimentaires.

Nous entamerons aussi un processus qui, je crois, sera exceptionnellement utile au moment de l’achat d’aliments. Nous élaborerons une façon simple d’indiquer de l’information sur la santé au sujet du sodium, des sucres et des gras saturés sur le devant de l’emballage. Imaginez que vous vous promenez dans les allées à l’épicerie et repérez d’un coup d’œil les produits riches en sucres, en sel et en gras saturés en utilisant des symboles clairs et faciles à comprendre. Il sera beaucoup plus facile de faire des choix intelligents et sains.

Mon but est de proposer, en 2017, une réglementation pour l’étiquetage sur le devant de l’emballage. Pendant les quelques prochaines semaines, nous allons aussi entamer un processus de réglementation pour éliminer les gras trans produits industriellement de nos restaurants et de nos épiceries. Ces changements seront finalisés en 2018. De plus, nous intensifierons nos efforts au sujet du sodium.

Vous savez peut-être déjà que, en 2012, le Canada a publié les cibles de réduction du sodium pour l’industrie alimentaire, qui doivent être atteintes d’ici 2016. Nous sommes tout près d’arriver à ce moment, et, à la fin de 2016, vous pouvez vous attendre à une annonce sur le chemin parcouru par les divers acteurs de l’industrie concernant la réduction du sodium. Au début du mois, Santé Canada a tenu un symposium national avec des intervenants et des experts pour discuter des progrès, de leurs plans futurs de surveillance et d’évaluation et des possibilités de réduire davantage le sodium dans les aliments transformés et ceux servis dans les restaurants. Ce rapport provisoire, ainsi que les résultats de la surveillance et les résultats de l’atelier, seront publiés en ligne vers la fin de cette année, et les renseignements complets sur tous les résultats de notre surveillance de l’apport en sodium seront rendus publics en 2017.

La dernière composante de l’alimentation saine dont je voulais parler aujourd’hui est la question importante de la commercialisation d’aliments et de boissons malsains qui cible les enfants. Je suis fière de dire que nous avons fait campagne à ce sujet lors de la dernière élection, et maintenant, nous remplissons notre engagement de veiller à ce que les enfants vivent en santé en les protégeant de la commercialisation de produits malsains. Je veux aussi souligner le travail de la sénatrice Nancy Greene Raine à cet égard. Vous savez peut-être qu’elle a récemment présenté un projet de loi au Sénat qui propose l’interdiction de la commercialisation de tout aliment et boisson aux enfants de moins de 13 ans.

Certains soutiendront qu’il est difficile de déterminer la différence entre les boissons et aliments malsains et ceux qui sont sains, mais je pense que nous pouvons tous nous entendre sur le fait que les boissons et les aliments malsains sont à haut rendement énergétique, sont pauvres en éléments nutritifs et riches en gras saturés, en gras trans, en sucre et en sel. Restreindre la commercialisation de ces produits aux enfants est la bonne chose à faire. L’esprit des enfants est particulièrement vulnérable et, comme nous tous, est influencé par la publicité. Nous voulons qu’ils apprennent au sujet des choix alimentaires sains dès les premières années, au moment où ils établissent leurs habitudes alimentaires, et qu’ils ne soient pas indûment influencés à choisir des produits pauvres en valeur nutritive.

Au Québec, la Loi sur la protection du consommateur interdit toute publicité qui s’adresse aux enfants de moins de 13 ans. Une étude récente de l’Université de la Colombie-Britannique a relevé que cette interdiction s’est traduite par une diminution de la consommation de prêt-à-manger.

L’environnement légal et réglementaire de la commercialisation aux enfants est complexe, c’est vrai, mais cette complexité ne doit pas servir d’excuse à l’inaction. Il faut protéger la société et nos jeunes. Nous savons qu’il y a une série d’actions qui pourrait limiter la commercialisation qui cible les jeunes. Nous analysons présentement les différentes approches et options.

Au fur et à mesure que nous avançons avec ce point particulier du mandat, il sera important pour le gouvernement de comprendre ce que les parents veulent pour leurs enfants et la façon dont nous pouvons travailler avec d’autres intervenants pour restreindre la commercialisation et utiliser des méthodes efficaces qui résisteront à l’épreuve du temps. Au moyen de ces initiatives, nous viserons un engagement significatif avec le public et une ouverture et une transparence au sujet de toutes les réunions avec les intervenants. 

Pour préserver la confiance des Canadiens, nous communiquerons les renseignements au sujet des réunions avec les intervenants ainsi que toute correspondance acheminée à Santé Canada à l’extérieur d’un processus formel de consultation. Ce sont des changements importants dont nous nous approchons, mais ce n’est que le début. La quête vers l’alimentation saine est une quête vers une cible en mouvement. La connaissance est en constante évolution. Nous devons continuer à porter attention aux développements au Canada et à l’étranger, et nous assurer que nous nous situons à la fine pointe de ces derniers.

Cela prend beaucoup plus qu’une alimentation saine pour garder les Canadiens en santé, c’est pourquoi je veux mentionner aujourd’hui que, en fait, notre stratégie pour un Canada en santé, à Santé Canada, comprend trois piliers. Vous m’avez surtout entendu parler de l’alimentation saine, mais je voudrais brièvement parler des deux autres piliers qui ne sont pas moins importants, et qui doivent être pris en considération en même temps.

Le deuxième pilier se concentre sur les saines habitudes de vie. Comment menons-nous nos activités quotidiennes, que ce soit à la maison, au travail ou dans les loisirs? Quel niveau d’activité physique faisons-nous? Comment décourager les Canadiens de choisir des modes de vie malsains ou d’y persister, comme le tabagisme? Par exemple, comme bon nombre d’entre vous le savent très bien, le tabagisme a diminué, mais, chaque année, il y a encore quelque 37 000 Canadiens qui meurent en raison de maladies liées au tabagisme et près de 30 000 jeunes qui commencent à fumer.

Pour aborder cette situation, je pense que les personnes dans cette salle sont heureuses de savoir que nous prévoyons imposer des règlements stricts en matière de banalisation de l’emballage des produits du tabac, interdire le menthol dans tous les produits du tabac et adopter un règlement au sujet du vapotage. Je veux également aborder l’importance de l’activité physique. L’Agence de la santé publique du Canada, qui fait aussi partie de mon portefeuille, travaille avec plusieurs partenaires, des organisations privées et le secteur des ONG pour fournir des programmes et des initiatives d’activité physique.

Cela comprend des organismes comme la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC, dont fait partie Mary, le Coin des coureurs, la Société canadienne du cancer, Reebok, la Ligue canadienne de football, ParticipACTION, RBC Banque Royale, Social Change Rewards et beaucoup d’autres partenaires. Nos efforts collectifs sont conçus pour aider les gens à perfectionner un savoir-faire physique, des compétences permettant à une personne de s’adonner à des activités physiques tout au long de sa vie, et d’innombrables études au Canada, comme vous le savez, indiquent que les Canadiens sont de plus en plus sédentaires.

Cet effort a été renforcé par d’autres initiatives du gouvernement, comme l’agrandissement des espaces verts dans le cadre de notre programme de lutte contre les changements climatiques ou le soutien d’efforts communautaires qui encouragent les personnes à marcher, à faire du vélo et à choisir un mode de vie sain. Il s’agit d’un domaine qui selon moi est mûr pour l’innovation technologique. J’aimerais nous voir faire un meilleur usage de nos applications qui encouragent les Canadiens à prendre en main leur santé et leur niveau d’activité physique. Je suis impressionnée par le travail de nombreux chercheurs canadiens qui étudient ce qui fonctionne, quelles technologies peuvent être utilisées pour tenir les Canadiens actifs.

Il faut dire aussi que je suis inspirée par des gens comme Pierre Lavoie, que j’ai rencontré cet été au Saguenay. Il a fondé le Grand Défi Pierre Lavoie pour encourager les jeunes à adopter de saines habitudes de vie. Il a mis sur pied l’un des événements qui mettent le mieux en valeur les saines habitudes de vie et qui font la promotion de l’activité physique, de la saine alimentation et de la persévérance scolaire.

L’équipe du Grand Défi travaille avec les écoles du Québec pour aider les jeunes à faire des choix sains au quotidien et à développer des habitudes qui deviendront la norme pour les futures générations. L’équipe sensibilise les parents à l’importance des saines habitudes de vie pour la santé de leurs enfants et pour leur propre santé. La fin de semaine passée, le Grand Défi de Pierre Lavoie a organisé deux grandes marches de 5 km, samedi à Québec et hier ici à Montréal.

Finalement, j’aimerais aborder une chose qui est un engagement à la fois personnel et professionnel. Le troisième pilier pour la plate-forme d’un Canada en santé est un esprit sain. Il devrait être on ne peut plus clair pour nous tous que la santé physique et la santé mentale vont de pair. La santé physique et la santé mentale sont inséparables. C’est une chose sur laquelle on n’a pas assez insisté, et ce, pendant beaucoup trop longtemps. Je ne suis pas certaine à quel point on le souligne dans ce congrès en particulier, mais je crois qu’on le fait de plus en plus, et avec raison. Nous devons faire le lien entre nos efforts pour traiter la santé mentale et les efforts pour aborder la santé physique. Un tiers des personnes dans ce pays seront touchées par la maladie mentale au cours de leur vie.

J’aime souvent dire que peu importe les statistiques que l’on utilise, la maladie mentale nous affecte tous, directement ou indirectement. Malheureusement, au Canada, nous avons tendance à moins porter attention à la santé mentale. Nous y consacrons un pourcentage inférieur de nos dépenses en santé que ne le font la plupart des pays industrialisés. Les enjeux auxquels nous sommes confrontés sont inquiétants. Je soupçonne que vous les connaissez très bien : taux croissants de dépression et d’anxiété, tragédies chaque semaine de suicides de jeunes au pays, trouble de stress post-traumatique notamment chez le personnel militaire, les anciens combattants, les premiers intervenants et les fournisseurs de soins de santé. Un engagement commun envers la santé mentale est nécessaire pour renverser la situation. Cela signifie de combattre la stigmatisation. Cela signifie d’offrir de meilleurs services de santé mentale et de renforcer la résilience des gens et des collectivités pour prévenir et traiter la maladie mentale, et promouvoir le mieux-être.

Notre gouvernement ne reculera pas devant ce défi, mais nous ne pourrons le relever seuls. Si nous voulons faire des progrès en santé mentale, il nous faut bâtir des partenariats solides. Il nous faut déterminer les programmes efficaces, les développer et les mettre en œuvre de façon à ce qu’ils rendent nos collectivités plus fortes et améliorer les services. Les provinces et les territoires seront des partenaires clés indispensables à notre progrès en santé mentale. C’est pourquoi la santé mentale est l’un des enjeux sur lequel j’insiste à chaque fois que nous avons la chance de discuter ensemble de l’avenir des soins de santé au pays.

C’est aussi la raison pour laquelle nous sommes résolus à soutenir le mieux-être mental chez les communautés autochtones, y compris par l’instauration d’une ligne d’écoute téléphonique sans frais accessible en tout temps. La Ligne d’écoute d’espoir pour le mieux-être des Premières Nations et des Inuits offre un counseling en situation de crise et est culturellement adaptée pour les Premières Nations et les Inuits. Si vous ne le saviez pas déjà, assurez-vous de le communiquer : 1-855-242-3310. Vous pouvez aller à mon fil Twitter pour obtenir ce numéro de téléphone. Le service, dont le counseling, est offert en français, en anglais, en cri, en ojibwé et en inuktut. C’est une des initiatives que nous avons prises. Je suis absolument déterminée à ce que nous, comme nation, sortions la maladie mentale de l’ombre.

Nous n’avons pas toutes les réponses, mais nous savons que nous devons prendre la parole. Cela me rappelle ce que Martin Luther King a dit quand il a parlé des différents défis sociaux auxquels on était confronté à son époque. Il a dit que certains d’entre nous qui ont déjà commencé à briser le silence ont découvert que parler les exposait à des souffrances, mais que nous devons parler, avec toute l’humilité qui convient à notre vision limitée des choses, mais nous devons élever la voix.

Pour conclure, je voulais commenter l’énoncé de mission de Santé Canada. Au moment de préparer cette allocution, en pensant à nos buts et aux responsabilités de mon ministère pour tenir les Canadiens en santé, je suis allée sur le site Web de Santé Canada, chose que je ne fais pas nécessairement tous les jours. Je me suis dit qu’il valait mieux vérifier et m’assurer que tout ce que je dis cadre avec notre énoncé de mission. 

Je veux vous lire ce que dit notre énoncé de mission : « Santé Canada est le ministère fédéral responsable d’aider les Canadiennes et les Canadiens à maintenir et à améliorer leur état de santé. Santé Canada s’est engagé à améliorer la vie detous les Canadiens et à faire du Canada l’un des pays où les gens sont le plus en santé au monde. »

Les gouvernements ont manifestement un rôle à jouer dans la mise en place de conditions qui soutiennent une société en santé.

D’ailleurs, je tiens à mentionner l’annonce faite hier par le gouvernement du Québec. Le gouvernement a lancé sa toute première politique de prévention en santé et s’est fixé des cibles précises à atteindre d’ici 2025 afin que le Québec soit plus en santé. L’approche proposée mise sur une série de facteurs et propose d’agir sur les déterminants de la santé. Je salue cette approche. 

Cependant, la vision selon laquelle on pourrait faire de la population de ce pays l’une des plus en santé au monde, et peut-être pouvons-nous viser plus haut — je crois que le Canada a les moyens de viser à devenir le pays le plus en santé au monde, mais ce n’est pas quelque chose que les gouvernements peuvent accomplir seuls. Commencer à améliorer la santé des personnes requiert d’aborder tous les déterminants socioéconomiques de la santé.

Du point de vue du sujet d’aujourd’hui et du point de vue de Santé Canada, nous avons en effet un rôle important à jouer pour soutenir une saine alimentation, de saines habitudes de vie et le mieux-être mental. Or, cela nécessitera aussi l’apport de vous tous, professionnels de la santé, chercheurs, éducateurs et industries associées à l’alimentation, au conditionnement physique et aux soins de santé. Surtout, cela nécessitera la participation de tous les Canadiens.

J’ai confiance que les annonces que nous avons faites ce matin contribueront beaucoup à aider les Canadiens qui veulent être renseignés et être en mesure de prendre les meilleures décisions possible au sujet de leur santé. Je me réjouis à la perspective de déambuler, un jour, dans une allée à l’épicerie et de voir ces étiquettes sur le devant des emballages qui m’aideront à choisir les céréales pour déjeuner les plus saines du rayon. Je serai équipée de mon Guide alimentaire canadien mis à jour, qui sera facile à mémoriser. Il sera personnalisé pour mes besoins et ceux de ma famille, et je me souviendrai alors de cette journée où nous avons franchi une étape importante ensemble vers un Canada plus en santé. 

Je vous remercie beaucoup.


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