Discours Article provenant de  Santé Canada

Notes d'allocution de l'honorable Jane Philpott, ministre de la Santé, lors du Sommet de la santé Canada 2020 : Un nouvel Accord sur la santé pour tous les Canadiens

Le 29 septembre 2016
Ottawa (Ontario)

La version prononcée fait foi. Ce discours a été traduit en conformité avec la Politique sur les langues officielles et révisé aux fins d'affichage et de distribution conformément à la Politique de communication du gouvernement du Canada.

Je vous remercie beaucoup de m'avoir invitée ici aujourd'hui. Je tiens à féliciter les organisateurs d'avoir mis sur pied un si bon programme et une telle liste de conférenciers.

Je suis honorée de pouvoir m'adresser à vous aujourd'hui, juste avant une présentation de mon collègue, le Dr Barrette.

D'abord, pour ceux d'entre vous qui lisent les journaux et qui s'attendent à de la chicane, vous serez déçus.

En fait, nous avons établi des façons très efficaces de travailler ensemble au sein de cette fédération, même quand ce n'est pas facile.

Ceci inclut les soins de santé, et je crois que ce n'est pas dans l'intérêt des Canadiens de jeter ça par la fenêtre.

Je crois que le gouvernement fédéral peut être un partenaire efficace avec les provinces et les territoires afin de déterminer ce qu'il faut faire pour améliorer les soins de santé.

Cependant, mettons les choses au clair : il n'en revient pas à nous de dire au Québec, ou toute autre province, la façon dont il devrait offrir ses soins de santé.

Sur une note plus personnelle, j'ai eu la chance de passer du temps dans la province de Québec cet été, pendant que je travaillais à l'amélioration de mon français.

En plus d'en apprendre sur la province, j'ai aussi beaucoup appris au sujet du système de soins de santé du Québec, où c'est très différent comparativement à ailleurs au Canada.

Par exemple, le Québec est pionnier des nouvelles approches qui sont plus fortement axées sur la prévention des maladies et la santé de la population - ce que j'ai aussi prôné pendant toute ma carrière.

Je sais que le Québec poursuivra ses objectifs différemment, comme ce fut le cas dans le passé, mais il cherche à atteindre les mêmes buts que nous.

Cela m'est apparu clair lors des discussions que nous avons tenues jusqu'à maintenant.

Je crois qu'Ottawa et les provinces et les territoires veulent les mêmes choses : une situation efficace qui fournit les soins dont nos citoyens ont besoin, quand et où ils en ont besoin, et ce, sans obstacle financier.

Cela n'a pas toujours été le cas dans ce pays, et parfois je crois que nous tenons pour acquis le fait que nous pouvons visiter le cabinet du médecin ou l'hôpital, et être traités selon nos besoins médicaux et non pas notre capacité à payer.

En même temps, je pense que notre conversation sur les soins de santé a peut-être été trop centrée sur les remèdes, au détriment d'un accent nécessaire sur les soins.

Il est vrai que nous avons des systèmes qui fournissent d'excellents soins hospitaliers et médicaux de façon universelle, selon une couverture au premier dollar. Nous avons certains des professionnels de la santé les mieux formés dans le monde, et bon nombre de nos établissements de soins de santé sont des chefs de file reconnus en recherche, en formation et en soins spécialisés.

Cependant, il y a 50 ans, les fondateurs du régime d'assurance-maladie imaginaient quelque chose d'encore mieux que cela. Ils voyaient l'adoption d'une assurance-maladie publique à l'échelle du pays. Or, ils allèrent plus loin, et recommandèrent une couverture complète, au-delà des soins médicaux.

Le juge Emmett Hall a dit « la seule chose qui soit plus dispendieuse que des bons soins de santé, c'est l'absence de soins de santé ».

Il y a des raisons pour lesquelles nous ne nous sommes jamais rendus jusque-là. Au moment où la dernière province adoptait l'assurance de soins médicaux universelle en 1972, le Canada faisait face à une hyperinflation imminente, un taux élevé de chômage et une croissance lente. Cette situation donna lieu à un serrement de ceinture aux ordres fédéral et provinciaux.

Des débats déchirants sur l'unité nationale allaient suivre peu après. Les autres réformes des systèmes de santé ont été mises en veilleuse.

La prestation des soins de santé a changé dans les décennies qui nous séparent de la Commission royale d'enquête sur les services de santé de M. Hall. Il y a 40 ans, près de 60 p. 100 des dépenses en santé au Canada allaient aux hôpitaux et aux médecins. Aujourd'hui, elles s'élèvent à 45 p. 100.

En même temps, la demande pour des médicaments sur ordonnance, les soins de longue durée, les soins à domicile et les besoins en matière de santé mentale continuent de s'accroître.

Ce n'est pas surprenant. Notre population vieillit, les personnes vivent plus longtemps, les maladies chroniques sont à la hausse. Le progrès technologique est en train de déplacer l'accent sur la prestation des soins de santé, des établissements vers les domiciles et les collectivités.

Mais la plus grande partie du financement public en soins de santé continue de soutenir les services hospitaliers et médicaux, alors que d'autres services se contentent de fragments de financement public limité, d'assurances privées et des paiements remboursables.

Un Accord sur la santé pour tous les Canadiens

Nous parlons beaucoup de Tommy Douglas comme l'un des fondateurs du régime d'assurance-maladie, et nous le connaissons tous comme un pilier de la Fédération du commonwealth coopératif (CCF) et du Nouveau Parti démocratique (NPD).

Or, Emmett Hall était un progressiste conservateur. Et c'est sous les premiers ministres libéraux Pearson et Trudeau que nous avons introduit la Loi sur les soins médicaux et, plus tard, la Loi canadienne sur la santé.

Et je ne veux pas omettre de mentionner Monique Bégin, la ministre de la Santé extrêmement compétente de l'époque. La Loi canadienne sur la santé a été adoptée à l'unanimité par le Parlement, et vous savez combien c'est rare.

Les soins de santé ne sont pas un enjeu partisan

Il ne s'agit pas non plus d'un enjeu sous la gouverne de quelque ordre de gouvernement que ce soit. Bien que la responsabilité première d'offrir des services de santé revienne aux provinces, les administrations municipales jouent aussi un rôle clé dans de nombreuses provinces, dans des secteurs tels que la santé publique.

De plus, le gouvernement fédéral se doit d'être un acteur clé. En fait, aucun développement majeur dans l'histoire des soins de santé au Canada ne s'est effectué sans que le gouvernement fédéral ne joue un rôle essentiel.

Ce qui nous amène aux discussions au sujet d'un nouvel Accord sur la santé avec les provinces et les territoires.

Malheureusement, la conversation tourne souvent autour du montant que nous devrions dépenser sur les soins de santé plutôt que sur la façon dont cela devrait améliorer la santé et les soins de santé des Canadiens. Cette situation difficile est bien antérieure à la nomination des premier ministre et ministre de la Santé actuels.

Certains maintiennent que le problème auquel se heurte l'assurance-maladie au Canada est le manque d'argent et déplorent le fait que le taux de croissance à venir du Transfert canadien en matière de santé sera davantage ajusté au taux de croissance de l'économie. Le gouvernement du Canada transfèrera 1 milliard de dollars supplémentaires aux provinces et aux territoires l'an prochain.

Par ailleurs, les faits ne soutiennent tout simplement pas cette idée voulant que les enjeux principaux auxquels nos systèmes de santé sont confrontés puissent se résoudre avec encore plus d'argent.

Le Canada est déjà l'un des plus grands dépensiers en santé au monde, et pourtant nous ne réalisons pas le genre de résultats dont les Canadiens ont besoin et qu'ils méritent.

Les accords passés sur la santé, malgré toutes leurs bonnes intentions, n'ont pas abordé les problèmes structuraux fondamentaux auxquels sont confrontés les soins de santé canadiens. Nous avons pris le statu quo et l'avons gonflé.

Comme je l'ai dit plusieurs fois, je suis convaincue que nous avons l'obligation, en tant que gouvernement du Canada, de faire plus que de simplement ouvrir le portefeuille fédéral.

Nous devons veiller à ce que de nouvelles sommes ne fassent pas simplement gonfler les systèmes de santé, mais aide à orienter les soins de santé sur la voie de la stabilité à long terme.

Chaque province, par elle-même, a fait avancer des réformes importantes au cours des dix dernières années. Je salue leur détermination et créativité dans l'adaptation de leurs systèmes de soins de santé aux nouvelles réalités d'une population vieillissante.

Notre gouvernement arrive à la table prêt à investir du nouvel argent fédéral pour aider les provinces à faire avancer la transformation des soins de santé.

Lorsque nous le ferons, il sera prudent pour nous de savoir où va cet argent et d'être en mesure de faire rapport aux Canadiens sur les résultats auxquels nous parviendrons.

Je ne crois pas qu'il s'agisse d'une affirmation provocatrice et je crois qu'il y a une forte volonté de le faire chez les ministres de la Santé des provinces et des territoires pour ce genre de responsabilisation.

Jusqu'à maintenant, nous nous sommes entendus sur les priorités communes en matière de santé. Ces dernières comprennent les soins à domicile, les produits pharmaceutiques, la santé mentale, l'innovation et de meilleurs soins de santé pour les Canadiens autochtones.

Nous nous rencontrerons de nouveau le mois prochain à Toronto, et j'ai toutes les raisons de m'attendre à des conversations productives qui contribueront à la réalisation du but ultime qu'est le nouvel Accord sur la santé.

Soins à domicile et en milieu communautaire

Permettez-moi de discuter un peu plus des priorités d'un Accord sur la santé, en commençant avec les soins à domicile.

Plutôt que des systèmes qui, par défaut, font qu'on garde les patients dans un lit d'hôpital, imaginez des systèmes par lesquels, selon une nouvelle norme, lorsque c'est ce qui convient le mieux pour le patient, on lui prodigue des soins à domicile.

Aujourd'hui, quelque 15 p. 100 des lits d'hôpitaux sont occupés par des patients qui en fait pourraient mieux s'en tirer à domicile ou avec des soins de longue durée. Il s'agit d'énormes répercussions financières. Par exemple, en Ontario, des soins à domicile de base coûtent 42 dollars par jour, comparativement à la somme minimale de 840 dollars par jour dans un hôpital.

De façon plus importante, ce n'est pas la meilleure façon de s'occuper d'eux : nous savons que l'hôpital n'est pas l'endroit où ils veulent être, à moins que ce soit absolument nécessaire.

Cela s'applique aussi pour les soins palliatifs.

Souvent, les patients pourraient se trouver dans un centre de soins palliatifs ou à la maison, entourés des amis et de la famille, cependant, la plupart des Canadiens vivent leurs derniers jours à l'hôpital. C'est là que six patients sur dix meurent.

Ce n'est pas par dessein. La réalité veut qu'un lit d'hôpital soit là où plusieurs patients aboutissent, parce que les soutiens et les services de soins à domicile sont inadéquats et mal coordonnés.

Au Canada, nous dépensons environ 10 milliards de dollars par année, ou environ 5 p. 100 du total des dépenses en santé, sur les soins à domicile et en milieu communautaire.

C'est beaucoup d'argent, mais ce n'est probablement pas assez, surtout puisque notre population vieillit et est touchée par l'augmentation des taux de maladies chroniques.

Là où les patients reçoivent des soins à la maison, imaginez un système conçu de façon à ce que les familles et les soignants soient soutenus et ne s'épuisent pas.

Bien que nous devions étendre les services de soins à domicile de manière plus générale, les améliorations sont particulièrement pertinentes pour les soins palliatifs et de fin de vie.

Nous avons une occasion en or de mettre en place des systèmes robustes de services et de soutiens qui combleront ces lacunes.

Nous devons travailler avec les provinces et les territoires pendant qu'ils élaborent davantage les infrastructures nécessaires pour soutenir les soins à domicile et les intègrent harmonieusement avec le reste du cercle des soins.

Cela signifie de soutenir les plateformes novatrices de prestation comme les soins à domicile à distance, où les fournisseurs surveillent l'état de santé de leurs patients à distance, et offrent une éducation et un encadrement en santé.

Cela signifie aussi de soutenir les modèles de financement novateurs qui regroupent les budgets pour les soins à domicile et les services de soins actifs, de sorte que les soins appropriés soient fournis selon la configuration la plus rentable.

Prises ensemble, ces mesures pourraient combler des lacunes importantes et mener à des soins à domicile plus solides qui reposeraient sur les soins primaires et seraient intégrés à d'autres services de santé et services sociaux, et mieux soutenus par la technologie.

Améliorer l'abordabilité et l'accessibilité des produits pharmaceutiques

Un autre secteur de priorité est l'accès aux médicaments sur ordonnance.

Nous avons clairement besoin de systèmes où les médicaments sont accessibles, abordables et prescrits adéquatement pour tous les Canadiens.

Santé Canada est responsable d'examiner les nouveaux médicaments pour s'assurer qu'ils sont sécuritaires et qu'ils fonctionnent comme prévu. Or, le processus d'examen ne détermine pas si ces nouveaux médicaments sont meilleurs que ce qui se trouve déjà dans le marché.

Il en résulte que beaucoup des nouveaux traitements médicamenteux approuvés chaque année offrent très peu d'avantages par rapport à ce qui est déjà disponible, mais se vendent à des coûts supplémentaires importants.

Afin d'évaluer la rentabilité de nouveaux médicaments, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont créé l'Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé ou l'ACMTS.

L'ACMTS effectue des examens de rentabilité des nouveaux traitements au moyen d'un mécanisme connu sous le nom de Programme commun d'évaluation des médicaments.

Ces recommandations se sont avérées cruciales pour les provinces et les territoires lorsque vient le temps de décider quels médicaments couvrir dans leur liste de médicaments assurés pour le public.

Malheureusement, il y a un décalage d'au moins six mois entre l'approbation d'un médicament par Santé Canada et les recommandations du Programme quant à la rentabilité de ce médicament.

Entre-temps, pratiquement tous les régimes d'assurance-médicaments privés du pays ont ajouté ce nouveau médicament à leur liste de médicaments assurés, et le remboursent même lorsqu'il manque de données quant à sa rentabilité.

Nous devons examiner des façons de concentrer notre système de réglementation sur l'examen de médicaments qui offrent une meilleure norme de soins ou une meilleure optimisation des ressources.

Nous devons aussi examiner de nouveau le rôle de l'organisme de réglementation dont le travail est de protéger les Canadiens contre les prix excessifs de médicaments de marque.

En ce moment, le Conseil d'examen du prix des médicaments brevetés doit utiliser comme étalon de mesure les prix demandés par les pays où les coûts des médicaments sont les plus élevés au monde et où l'accent est mis sur la recherche et le développement, ce qui comprend les États-Unis.

Ce n'est donc pas surprenant que les prix pour les médicaments de marque au Canada soient parmi les plus élevés du monde, après seulement les États-Unis et l'Allemagne.

J'espère examiner avec les provinces et les territoires des façons d'apporter les avantages des négociations de prix commun aux régimes d'assurance privés.

Je préconise une entente sur une liste commune des médicaments assurés pour les régimes financés par les fonds publics, ce qui permettra d'optimiser notre pouvoir d'achat auprès des sociétés pharmaceutiques, et ainsi il sera plus difficile de dresser une province contre une autre.

Investir dans la santé mentale

Les fondateurs du régime d'assurance-maladie croyaient avec justesse que les soins de santé fonctionnent mieux lorsqu'ils répondent aux besoins de leurs citoyens. Alors, imaginez, si vous le voulez bien, des systèmes qui permettent plus facilement aux Canadiens d'obtenir de l'aide lorsqu'ils se trouvent en état de détresse mentale ou envisagent le suicide, et ce, peu importe leur lieu de résidence.

Chaque Canadien est touché directement ou indirectement par la maladie mentale. Les statistiques sont effarantes.

  • La dépression et l'anxiété coûtent presque 50 milliards de dollars à l'économie canadienne par année en perte de productivité.
  • Le suicide compte pour presque le quart de tous les décès pour les personnes âgées de 15 à 24 ans.
  • Presque la moitié de ceux qui vivent avec la dépression ou l'anxiété n'ont jamais consulté de médecin à ce sujet.

Ce ne sont pas seulement de nombres : il s'agit d'êtres humains. Il s'agit de membres de votre famille, de vos amis, de vos collègues, dont la vie a été bouleversée dans le chaos, la confusion et la douleur. Peut-être est-ce vous.

Pendant trop longtemps, la maladie mentale a été une chose à cacher, de laquelle avoir honte.

Aujourd'hui, nous en parlons de façon un peu plus ouverte dans nos familles et nos collectivités, et c'est bien.

Or, alors que l'ampleur complète du fardeau de la maladie mentale au Canada devient claire, il est devenu évident que nos systèmes ne sont pas bien équipés pour guérir le traumatisme causé par la maladie mentale.

Bien que les services de santé mentale soient adaptés et bénéfiques dans certains endroits au Canada, ailleurs, ils sont non existants et fragmentés.

Nous nous contentons de ce que nous avons. Les médecins et autres travailleurs de première ligne font de leur mieux, mais souvent n'ont pas la formation adéquate.

Les patients atteints de graves maladies mentales doivent souvent attendre très longtemps pour l'accès à des spécialistes. D'autres qui requièrent des services de consultation ou une thérapie peuvent avoir une couverture d'assurance privée, mais la plupart doivent payer eux-mêmes, ou, plus souvent, essayer de s'en sortir sans cette aide.

Le problème est plus aigu dans les régions rurales et éloignées, y compris les collectivités autochtones, où les ressources du système de santé sont faibles.

Il n'est pas trop tard pour bâtir des systèmes dans lesquels les services de santé mentale sont largement offerts et bénéfiques, et ce, que l'on vive au centre-ville d'Ottawa ou dans le nord du Canada.

Renouveler notre relation avec les peuples autochtones

Tous les défis que j'ai décrits sont grandement amplifiés pour les peuples autochtones au Canada.

Il y a un écart scandaleux dans les résultats en matière de santé entre les Canadiens autochtones et non autochtones.

Pour un Autochtone, l'espérance de vie est jusqu'à une décennie plus courte que pour les autres Canadiens. Les taux de diabète sont trois fois plus élevés que la moyenne nationale. Chez les Premières Nations, les taux de tuberculose sont 33 fois plus élevés que pour les autres Canadiens. Pour les Inuits, les taux de tuberculose sont 375 plus élevés que ceux des Canadiens non autochtones.

Ces iniquités sont honteuses, mais ne sont pas inexplicables. Le manque d'éducation, le logement surpeuplé, les hauts taux de chômage et d'incarcération - tout cela contribue, d'une certaine façon, à la mauvaise santé.

Notre gouvernement s'est engagé à investir plus de 8 milliards de dollars pour commencer le travail de reconstruction de la relation du Canada avec les peuples autochtones.

Entre autres, nous investirons pour un meilleur logement, de l'eau propre et l'apprentissage pour la petite enfance.

Nous irons de l'avant avec un nouvel Accord sur la santé dans le cadre duquel il y aura représentation autochtone. Plutôt que le statu quo, où l'on ne fait que réagir aux crises dans les collectivités autochtones au fur et à mesure qu'elles surgissent, je suis déterminée à travailler de concert avec les dirigeants autochtones et autres intervenants pour bâtir une approche pour ces lacunes en santé qui soit proactive, efficace et juste.

Excellence dans la prestation des services

Jusqu'à présent, j'ai parlé de secteurs précis qui requièrent l'attention dans les soins de santé. Cependant, en réalité, la dysfonction et l'inefficacité sont ancrées dans nos systèmes.

Réparer cela requiert de l'innovation. Or, l'innovation, ce n'est pas seulement les nouveaux jouets. Il s'agit d'adopter des modèles opérationnels ayant fait leurs preuves, capables d'offrir de meilleurs soins et de meilleurs résultats à coût moindre.

Les grandes entreprises, qu'elles soient publiques ou privées, ne peuvent prospérer sans innovation. Les soins de santé ne font pas exception.

Il est temps de récupérer le bon vouloir politique, le temps et les ressources pour élaborer et mettre en œuvre des réformes audacieuses en matière de financement et d'organisation de la prestation de première ligne.

Ce n'est pas facile, mais d'autres pays sont en train de le réaliser.

Aux États-Unis, on a donné le coup d'envoi pour l'élaboration d'un nouvel ensemble de modèles pour changer la façon dont les services de santé sont financés et offerts - des organismes de soins responsables, des centres de soins médicaux et des paiements regroupés.

Il ne s'agit pas de privatiser les soins de santé canadiens. Il ne s'agit pas de la façon dont les soins sont payés : il s'agit de mettre en place des modèles plus efficients et efficaces de prestation de soins.

Il s'agit d'organiser les soins de santé de manières plus efficientes et qui mettent le patient à l'avant-plan, tout en conservant notre modèle public à payeur unique.

Si nous voulons moderniser les systèmes de soins de santé et améliorer le rendement, nous devons renforcer les infrastructures sous-jacentes, y compris la santé numérique.

Malgré les milliards de dollars investis à l'échelle fédérale et provinciale dans la cybersanté au cours des 15 dernières années, on continue de constater de grandes lacunes.

Nous avons adopté un assortiment étourdissant de systèmes d'information dans tout le secteur de la santé, mais ils communiquent rarement les uns avec les autres.

Il est effarant qu'à l'ère de Facebook et du commerce électronique, nous utilisions toujours des télécopieurs dans les cabinets de médecin et que la plupart de Canadiens ne puissent pas encore aller voir leur dossier de santé en ligne.

Nous devons concentrer nos efforts sur la construction de systèmes numériques qui sont axés sur les patients et harmonieusement intégrés partout dans la prestation de soins.

Nous devons donner la priorité à la connexion des patients, des fournisseurs de service et des institutions. Cela veut dire de s'assurer que les patients peuvent avoir accès à leurs données de santé de manière électronique, prendre rendez-vous et consulter leur médecin sans visiter un cabinet.

La bonne nouvelle est que l'innovation des soins de santé est un secteur où il y a un fort consensus sur les mesures à prendre et où l'investissement fédéral peut contribuer à encourager l'adoption de meilleurs modèles opérationnels et accélérer le changement.

Les investissements fédéraux ciblés dans les organismes pancanadiens portent déjà fruits par la diffusion de l’innovation, le soutien de la santé numérique, l’établissement de rapports sur le rendement et l’évaluation de technologies de santé.

Nous devons saisir l'occasion que présentent un nouvel accord sur la santé et un engagement de nouveau financement pour bâtir sur cette assise solide.

Conclusion

Les Canadiens sont fiers de nos systèmes de soins de santé, mais nous avons tenu ces systèmes pour acquis et n'en avons pas reconnu l'érosion et la fragmentation graduelles.

Nous devons récupérer la vision des fondateurs du régime d'assurance-maladie, prévue pour nos soins de santé dans ce pays.

Nous avons une occasion unique d'apporter un vrai changement aux soins de santé, et il s'agit d'une occasion que nous ne devons pas manquer.

Si le Canada doit maintenir les précieux systèmes de soins de santé financés par les fonds publics et accessibles pour tous auxquels nous nous fions depuis longtemps, nous devons nous adapter à de nouvelles idées et renouveler notre approche en matière de politiques de santé.

Ce peut être l'occasion de façonner l'avenir des soins de santé financé par les fonds publics au Canada de façon à mieux l'adapter aux besoins et aux attentes des Canadiens.

Le rôle du gouvernement fédéral est essentiel dans cette discussion.

En travaillant ensemble, nous pouvons faire du Canada un chef de file pour assurer notre but collectif ultime, soit la santé pour tous.


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